Plus tôt cette semaine, l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, critiquait la décision de notre gouvernement de rendre facultatif le questionnaire long du recensement dans un éditorial intitulé « Le comble de la bêtise » . Le quotidien a publié dans ses pages ce matin ma réplique à ce texte, qui est reproduite ici.
Les résultats du sondage, que les médias canadiens ont par ailleurs presque complètement ignorés, sont disponibles dans cet article de The Gazette.
Des questions importunes
Maxime Bernier
L’auteur est député conservateur de Beauce.
La décision de mon gouvernement d’abolir le caractère obligatoire du questionnaire long du recensement a été attaquée de toute part ces derniers jours. Les principaux médias du pays l’ont dénoncée en éditorial. À peu près aucune organisation ne l’a publiquement défendue. Si l’on en croit les porte-parole des opposants, il y aurait pratiquement unanimité sur le sujet au Canada.
C’est notamment le point de vue mis de l’avant par André Pratte (20 juillet), qui ridiculise ma déclaration selon laquelle les données du recensement ne bénéficient qu’aux groupes de pression en écrivant que « Or, les données du recensement sont utilisées par un immense éventail de personnes et d’institutions. Si c’est d’eux dont parle M. Bernier, le Canada entier est un groupe de pression! »
Ma position fondamentale est que quelle que soit l’utilité qu’on attribue à ces données, je ne crois pas qu’il soit justifié de forcer les gens à répondre à des questions importunes sous la menace d’une amende de 500$ ou d’une peine d’emprisonnement de trois mois.
Pourquoi donc des citoyens pacifiques et honnêtes devraient-ils être menacés de la sorte s’ils refusent de dire combien de temps ils ont passé à l’entretien de la maison ou du jardin la semaine précédente, qui paie pour quoi dans leur ménage, combien de chambres il y a dans leur maison et si celle-ci nécessite des réparations mineures ou majeures?
Les entreprises et organisations qui souhaitent obtenir de telles données devraient payer elles-mêmes pour des enquêtes qui répondront à leurs besoins au lieu de s’en remettre au pouvoir de coercition du gouvernement pour les obtenir.
Les décisions du gouvernement devraient répondre aux besoins de la majorité et non aux groupes de pression. Et justement, malgré la presque unanimité des élites et le fait que notre point de vue n’ait pratiquement pas été entendu, les Canadiens sont divisés à égalité sur le sujet. Un sondage Ipsos-Reid qui vient de paraître nous apprend que 49% appuient la décision du gouvernement. Et, fait intéressant à noter, c’est au Québec que l’appui est le plus fort, avec 62%.
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