Ma première déclaration publique suite à ma démission

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15-avril-2009 · Commenter  

J’ai publiquement commenté pour la première fois le 25 juin 2008 devant environ 1000 personnes réunies à Saint-Georges-de-Beauce les circonstances de ma démission comme ministre des Affaires étrangères un mois plus tôt. Voici le texte de mon allocution, qu’on peut également visionner sur la vidéo suivante.

Chers amis,

Merci d’être ici ce soir. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que je viens de passer des moments très difficiles.

Pour surmonter une épreuve, rien n’est plus crucial que l’appui et la confiance des gens qui nous entourent. Je pense à ma famille, à mes amis, à mon personnel et à mes collègues députés – dont plusieurs sont présents avec nous ce soir. Je pense aussi à notre premier ministre, et bien sûr, à vous, concitoyens beaucerons.

L’appui et la confiance que vous m’avez témoignés m’ont beaucoup touché. C’est ce qui m’a aidé à surmonter cette période d’adversité. Et croyez-moi, je vous en serai toujours reconnaissant.

J’ai cru bon de me retirer pendant un certain temps pour réfléchir sur ce qui s’est passé et pour réfléchir sur mon avenir. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis convaincu que mon engagement comme député de Beauce garde tout son sens.

Lorsque j’ai fait le saut en politique, je vous ai dit que j’irais à Ottawa pour défendre nos valeurs beauceronnes : la liberté et la responsabilité individuelles; l’intégrité; et l’esprit d’entreprise.

Ces principes ont une résonnance particulière ici dans notre région. Ce sont également des valeurs universelles. Des valeurs qui sont au cour de notre civilisation et que partagent des millions de Québécois et de Canadiens. Des valeurs qui ont fait de ce pays un endroit pacifique et prospère, où il fait bon vivre.

Ce sont ces valeurs qui m’ont guidé dans mes fonctions à Ottawa. Ce sont ces valeurs qui m’ont éclairé dans l’épreuve que je traverse actuellement. Ma responsabilité personnelle dans cette affaire, je l’assume entièrement et pleinement.

Comme je l’ai écrit dans ma lettre de démission, j’ai appris le 25 mai en soirée que j’avais oublié des documents classifiés du gouvernement à la résidence de Mme Couillard. Il s’agissait là d’un manquement aux principes de confidentialité qui s’appliquent aux membres du Conseil des ministres. J’en ai accepté les conséquences qui s’imposaient dans notre système parlementaire en démissionnant de mon poste de ministre.

J’ai appris de façon assez brutale qu’en politique, la ligne de partage entre la vie privée et la vie publique est très mince.

Cette histoire a soulevé beaucoup de questions dans les médias et au sein de la population. Je peux répondre aujourd’hui à certaines de ces questions. Mais je refuserai toujours d’étaler sur la place publique les détails de ma vie privée.

Est-ce que Mme Couillard m’a informé de ses liens passés avec des personnes impliquées dans le crime organisé? La réponse est non. Elle ne m’en a pas informé, et jamais personne d’autre ne l’a fait, et ce, à quelque niveau que ce soit. Je ne savais de son passé que ce qu’elle avait bien voulu m’en dire.

J’ai été mis au courant de rumeurs concernant le passé de Mme Couillard le 20 avril dernier, soit deux semaines et demie avant que ces informations ne soient rendues publiques. À l’époque, je ne fréquentais plus Mme Couillard.

Et ces fameux documents, de quoi s’agissait-il? Il s’agissait de notes d’information préparatoires, en vue du sommet de l’OTAN, tenu les 2 et 3 avril dernier à Bucarest. Le seul moment où je me trouvais au domicile de Mme Couillard en possession de ces documents, c’est à mon retour de Bucarest, le 4 avril dernier.

Le niveau d’importance de ces notes d’information ne justifiait pas qu’elles soient numérotées pour qu’on puisse les suivre à la trace et, ainsi, déceler leur disparition. Cela explique qu’aucun signal d’alarme n’ait été déclenché au sein de mon ministère. Quant à moi, je n’ai pas remarqué qu’elles étaient manquantes et je n’ai aucun souvenir de les avoir égarées.

Avant de démissionner, j’ai demandé au ministère des Affaires étrangères de procéder à un examen exhaustif de la situation. Lundi, j’ai rencontré les responsables de cet examen et j’ai répondu à toutes leurs questions. Leurs conclusions seront rendues publiques prochainement.

Maintenant, permettez-moi de dire à ma famille et à mes proches, à quel point je suis désolé que cette situation ait provoqué autant de bouleversements dans leur vie. Ils ont lu et entendu toutes sortes de choses au cours des dernières semaines. Mais, dans toute cette histoire, je suis resté un homme intègre et responsable. Être intègre et prendre ses responsabilités, c’est au cour de l’identité beauceronne.

J’ai fait le choix d’entrer en politique en 2006. Aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix. Je ne regretterai jamais ce choix. Je suis très fier de ce que j’ai accompli dans le cadre de mes fonctions.

Au ministère de l’Industrie, nous avons, entre autres, réalisé ce que des observateurs considèrent comme la plus importante réforme du secteur des télécommunications des dernières décennies. Une réforme qui a entraîné plus de concurrence, plus de choix et des prix plus bas pour les consommateurs canadiens.

Comme ministre des Affaires étrangères, partout où je suis allé, j’ai fait la promotion des droits de la personne, de la démocratie et de la primauté du droit. Ce sont les fondements de la politique étrangère du Canada.

Nous avons aussi enclenché une restructuration importante de ce ministère. L’effet de cette restructuration augmentera le nombre d’employés en poste dans nos ambassades à travers le monde tout en réduisant le nombre de fonctionnaires à Ottawa. Ce changement permettra d’offrir un meilleur service aux Canadiens, ici, et à l’étranger.

Aujourd’hui, je fais le choix de poursuivre ma mission: représenter avec passion les Beaucerons au Parlement comme député conservateur. Dans la culture entrepreneuriale qui est la nôtre, lorsqu’on subit un dur coup, on se retrousse les manches et on reprend le travail.

Je ne peux pas vous promettre de devenir parfait. Mais je pense bien avoir suffisamment appris de cette épreuve pour devenir une personne meilleure. Je vais continuer à vous représenter avec fierté et énergie.

Ensemble, nous allons défendre ces valeurs de liberté et de responsabilité individuelles qui sont les nôtres. Ensemble, nous allons les défendre pour qu’elles continuent d’influencer la politique canadienne. Ensemble, nous allons les défendre pour que nous et nos enfants puissions vivre dans une société encore plus libre et plus prospère.

Merci!

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