Pour un taux unique d’imposition
Bonjour à tous,
Certains d’entre vous suivez peut-être la course à la chefferie du Parti conservateur ontarien. Madame Christine Elliott est l’une des candidates dans cette course qui proposent les idées les plus originales.
Dans son programme, Madame Elliot propose de mettre en place un impôt à taux unique de 8% pour remplacer les quatre paliers d’imposition en Ontario.
Je m’intéresse depuis longtemps à cette idée. En 2003, j’ai publié un livre intitulé, Pour un taux unique d’imposition. Et l’année suivante, j’ai signé une Note économique publiée par l’Institut économique de Montréal, qui en résume les principaux arguments.
Quels sont les avantages d’un taux unique d’imposition ?
Tout d’abord, celui de cesser de punir les travailleurs parce qu’ils travaillent plus et obtiennent des revenus plus élevés. En effet, dans un système d’imposition à taux progressifs, c’est-à-dire à plusieurs taux qui vont en augmentant, plus votre revenu est élevé et plus l’impôt s’alourdit. Chaque heure additionnelle que vous travaillez vous rapporte donc un peu moins.
Des impôts marginaux élevés découragent aussi les entrepreneurs et les investisseurs. Le rendement qu’ils peuvent obtenir si leurs affaires vont bien est fortement grugé par le fisc.
Un taux d’imposition unique incite au contraire les gens à travailler davantage, à investir davantage, et à viser des revenus plus élevés parce que ça en vaut la peine.
Un taux d’imposition unique n’exclut pas la solidarité envers les plus démunis. Tout d’abord, chacun peut gagner un certain revenu qui est exempté de tout impôt. Mme Elliott propose par exemple d’instaurer un montant d’exemption personnelle de 18 000$. Ça veut dire que si vous gagnez 25 000$, vous ne payez de l’impôt que sur 7 000$. Et si vous gagnez 50 000$, l’impôt s’appliquera à 32 000$.
Même avec un taux d’imposition unique, les plus riches vont payer beaucoup plus d’impôt que les plus pauvres et contribuer à la mesure de leurs moyens au budget de l’État. Tout le monde y gagne, y compris les contribuables qui ont des revenus modestes.
Même si tout le monde paie moins d’impôt, un taux d’imposition unique ne fait pas nécessairement en sorte de diminuer les recettes de l’État, parce qu’il entraîne une croissance plus forte. C’est ce qu’on a observé dans plusieurs pays qui l’ont adopté dans les années 1990, en particulier en Europe de l’Est et en Asie.
Au Canada, l’Alberta a un taux d’imposition unique de 10% depuis plusieurs années. C’est un de mes collègues, Stockwell Day, qui a instauré cette réforme il y a une décennie quand il était ministre des Finances de l’Alberta.
L’impôt à taux unique est le type d’imposition le plus juste et le plus favorable au travail et à la croissance economique. Il respecte le principe d’égalité des citoyens devant la loi et est établi suivant une règle qui est la même pour tous : un même taux pour tous les citoyens.
Je souhaite bonne chance à Madame Elliott et j’espère que cette idée continuera de faire du chemin au Canada.
Merci et à tres bientôt.
Vous pouvez ajouter un commentaire.
Oui, c`est une tres bonne idee
BRAVO
Maxime Bernier for Prime Minister!!!
http://www.iedm.org/main/show_editorials_fr.php?editorials_id=92
Un taux unique d’imposition, c’est une idée géniale !
Encore une fois bravo pour ton blogue,ça aussi c’est une idée géniale !!!
Bonjour Monsieur Bernier,
Si j’étais à la tête du gouvernement fédéral, j’appliquerais cette mesure immédiatement, sans aucunes tergiversations, puisque cette mesure est juste et équitable pour tout le monde. On aurait alors l’impression de moins se faire voler.
En passant, voila une excellante idée pour la prochaine campagne électorale.
Merci et longue vie à votre blogue.
Another great update to your excellent blog! I enjoy the articles and the comments.
Flat tax is the way to go. It is fair, simple and rewards hard work. The opponents to flat tax argue that somehow it is not fair, because the rich are not taxed enough. However macroeconomic models consistently show economic benefits from a flat tax structure. How can anyone argue with that? The real results speak for themselves. The flat tax structure is part of the strong economy (and early Tax Freedom) in Alberta. All Canadians will benefit with a flat tax. (And good luck to Christine Elliott).
Keep up the great work, it’s appreciated.
I agree with Kim’s comment. A flat tax has also been a sucess in Hong Kong for a long time.
Thanks Mr. Bernier to promote this idea in Canada. Long live your blog.
Qu’est-ce que les Conservateurs attendent pour montrer l’exemple et appliquer cette mesure au fédéral?
Excellent idea Mr. Bernier. What we need at the Federal level is a 17% flat tax with a Basic Personal Exemption of around $15,000.
Depuis plusieurs années, ceux et celles qui oeuvrent particulièrement dans le domaine de la santé, seraient grandement avantagés par un taux d’imposition unique. Considérant la pénurie de personnel dans ce secteur, il est fort probable que plusieurs accepteraient de travailler quelques heures de plus à chaque semaine, s’ils n’étaient pas pénalisés sur leur chèque de paie. Qui n’a jamais entendu le commentaire suivant: « J’aimerais bien faire du temps supplémentaire, mais l’impôt viendra chercher la majeure partie de ce que j’aurai gagné ». Si jamais le Gouvernement conservateur réussit à aller de l’avant avec cette mesure très attendue, cela pourrait contribuer à faire en sorte que cette pénurie soit amoindrie, grâce aux avantages monétaires que pourraient en retirer ceux et celles qui se prévaudraient de cette possibilité.
Une « flat tax » serai l’un des meilleurs catalyseurs pour l’économie canadienne et surtout l’économie québécoise dont le PIB est soufrant depuis quelques décennies. Regardez comment de multi national ont quitté le Québec depuis 10 ou 15 ans, si une compagnie s’installe ici maintenant c’est pour deux raisons, la première qui en une positive, mais que l’on ne peut contrôler ou amplifié, c’est quand pour des raisons techniques la corporation doit etre situé ses usines près de la ressource naturelle. La deuxième qui en est une mauvaise, mais que l’on peu « contrôlé » est que la compagnie viens’installé ici en raison des multiples subventions, crédits d’impôt, etc, ça coute de l’argent au contribuable et très souvent dès que les subventions sont stoppées la ou les compagnies quittes en raison des divers taxes et imports trop élevés comparés a d’autres endroits, province, états ou pays. Aussi cette compagnie part avec toute la technologie, le développement et les connaissances acquises avec l’argent des subventions payées par nous les contribuables. Une « flat tax » serai une solution de remplacement pour ramener les grandes entreprises, pour voir éclore les PME et aider les individus eux-mêmes à se dépasser, et ce, sans que ça coute un sou aux contribuables. À ceux qui diront que ses baisses de taxes feront descendre les revenus du gouvernement ont a comprendre que ça sera grandement compensé par un essor économie plus grande qui fera qu’un taux d’imposition fixe plus faible sur beaucoup plus de revenus générés par plus d’entreprises fera bondir les revenus de nos gouvernements autant fédéral, provincial que municipal.
Donc, on pourra qualifié ce « flat tax » comme un « investissement » du gouvernement dans notre économie qui en se coupant de revenus par des taxes et impôts élevés pour les personnes qui génère de l’argent ne soit pas pénaliser pour les efforts pour aider le Canada et le Québec a se développer.
En chimie, un catalyseur est une substance qui augmente la vitesse d’une réaction chimique; il participe à la réaction, mais est régénéré à la fin de la réaction.
C’est la même chose que pourrai faire un flat taxe, stimulé la création de richesse, et la fin toute cette richesse même si elle est imposée a moindre taux rapporterai plus d’argent au gouvernement.
Pourquoi le gouvernement taxe-t-il le tabac et l’alcool ?
Pour décourager leur consommation.
En augmentant la fiscalité d’un produit où d’un service on incite les gens à changer leur habitude de consommation.
Donc, si on admet qu’en taxant le tabac et l’alcool et influence le comportement des gens, quel sera la conséquence d’augmenter les impôts des plus riches ?
…
On va inciter les gens à changer leur comportement i.e. on va inciter les gens à limiter leur revenu.
C’est pourtant si simple.
Je m’excuse de me faire l’avocat du diable, ici, mais cette idée d’un taux d’imposition unique – bien qu’intéressante à première vue, ne tient pas la route en bout de ligne. Je m’explique.
En tout premier lieu, observez ce qui s’est passé en Alberta depuis leur nouveau boom économique, grâce au pétrole. Oui, les salaires ont augmenté. Mais tout le reste a suivi également. Le coût de la vie a à ce point augmenté qu’il amenuise énormément le sentiment de richesse des travailleurs, car, en bout de ligne, ils ne pas tellement si riche de ça. Et avec le prix du baril de pétrole qui a redescendu, cela devient encore moins rentable. Ce tableau illustre bien l’inflation qui accompagne une croissance économique trop importante. http://www.chpc.biz/Major_Cities_Chart.htm
Ce n’est pas parce que les gens ont plus d’argent dans leur poche soudainement que les chaines d’alimentation, les futureshop et compagnie vont avoir des stocks plus importants car les approvisionnements ne se changent pas du jour au lendemain, surtout pas à la hausse. Suivant la loi de l’offre et de la demande, si la demande augmente subitement dans tous les secteurs des biens de consommation, le prix à payer pour ces mêmes bien croîtra lui aussi.
Taxer moins les riches pour encourager les gens à travailler davantage, idée louable à la base mais il n’y a rien qui va nécessairement ramener au gouvernement cet argent que le gouvernement décide de ne plus prendre des poches des contribuables, surtout les plus riches. Plus on a d’argent, plus on a la possibilité de la placer, de l’utiliser comme bon nous semble. Pas évident du tout que l’Ontario reverrait de si tôt les retombées espérées de cette baisse d’impôts.
Plus important encore, c’est l’effet immédiat qu’aurait cette mesure sur les revenus du gouvernement. Je n’ai pas fait les calculs mais la tranche de revenus supérieurs paie pas mal plus en impôt que la tranches moyennes, qui paie elle aussi moins que la tranche inférieure. Cela voudrait forcément dire une diminution des revenus de près de 50%, de ce qui provient de l’impôt sur le revenu. Sinon, probablement même plus.
Bref, pour les raisons énumérées ci-dessus, cette idée est totalement irréaliste. Un taux d’imposition unique devrait être beaucoup plus élevé que 8% pour que les recettes gouvernementales de l’impôt sur le revenu ne changent pas trop subitement à la baise. La seule manière que cette idée pourrait être mise en place serait justement d’y aller progressivement.
Je ne crois pas du tout à cette idée, elle est intéressante mais il y a trop de programme existant pour nous permettre d’avoir des crédits d’impôt ou pour reporter de l’impôt. Donc cette approche aurait seulement l’avantage d’aider ceux qui gagne plus, mais rien de plus pour les autres. Cela va faire diminuer les salaires, puisque nous serons moins imposer les employeurs vont « geler » les augmentations.
C’est à mon avis rien de moins qu’une mesure pour les riches et les entreprises.
Allez donc vers une taxe de luxe directe à la consommation au moins ceux qui veulent consommer vont payer. Et ayons un œil sur nos entreprise qui produise, qui sont subventionner mais qui n’ont aucun plan pour le recyclage ou la pollution.
great video! hope to see you back in cabinet in the near future!
@ Ghislain Leroux:
Qu’on laisse l’argent dans les poches des gens ou que l’état se l’approprie pour la dépenser, les pressions inflationnistes sont les mêmes. Mais dans le cas d’une flat tax, ce sont les gens qui décident ce qu’ils feront avec leur argent.
De plus, en taxant moins les riches, on va encourager ces derniers à investir et à créer des emplois pour les moins riches.
C’est un excellent idée. Bravo Monsieur Bernier! C’est le temps d’y penser changer les choses. L’instauration de un taux unique d’imposition va inciter le gens à travailler plus et à gagner plus. Le pays progresse à travers le progrès des citoyens. Encore une fois bravo Monsieur Bernier.
Bonjour Monsieur Bernier,
Votre vidéo sur le « Flat Tax » vient tout juste de faire son apparition sur http://serumdeliberte.blogspot.com/
Comme disait AA: « à la gang ont sait toute ».
En passant, si vous visitez ce blogue, vous risquez de tomber sur des articles qui sont recueillis partout dans le monde et certains vont vous donner froid dans le dos.
C’est le genre d’initiative que les Canadiens et les Québecois ont apprécié du gouvernement Conservateur lors de leur premier mandat. On disait des choses et on les faisait (ex: baisses d’impôts, TPS, faire la paix avec les provinces, etc.) On n’était plus habitués… Je suis pour un taux d’imposition unique. Cela encourage les gens à vouloir travailler plus et être plus productifs. Présentement on n’est pas porter à faire du temps supplémentaire car on a l’impression de tout donner à l’état si on gagne trop. On a l’impression de se faire punir parce qu’on réussi. On retiendrait plus notre main d’oeuvre qualifié (docteurs, chercheurs, entrepreneurs). Un taux d’imposition unique nécessite aussi beaucoup moins d’employés d’état pour traiter les rapports d’impôts, une économie supplémentaire.
Monsieur Bernier a bien expliqué la philosophie entourant le taux d’imposition unique. Ceux qui sont en opposition à ce taux sont soit des go-gauchistes qui croient que l’argent est dans la poche des riches et que pour s’enrichir il ne suffit que d’y plonger la main (d’où l’impôt progressif), soit des ignorants, soit des gens qui aient les moyens de se payer de bons comptables pour s’évader dans des abris fiscaux.
Les conséquences de la flat tax sont une forte croissance économique et une augmentation des revenus par l’État, malgré la baisse des impôts sur les plus riches. http://www.iedm.org/uploaded/pdf/nov04_fr.pdf
Le même phénomène est constaté lorsque les impôts sont diminués pour les plus riches. Les baisses d’impôts sur la dernière tranche d’imposition effectuées par Kennedy et Reagan ont augmenté de façon substantielle les revenus de l’État. Durant l’ère Reagan, le salaire moyen a augmenté de 4000$ (ajusté à l’inflation) ce qui constitue davantage de richesses pour tous. Paradoxal non?
L’imposition est une mesure juste et sociale. Elle augmente la richesse collective et induviduelle. Elle permet une croissance économique forte, et cesse le gaspillage bureaucratique engendré par un code d’imposition compliqué, en plus de mettre fin à l’évasion fiscale. Ça risque de déplaire à certains comptables qui remplissaient des rapports d’impôts sous la table…
POBDionne dit que les gens qui n’ont pas la même opinion sont soit des go-gauchistes, soit des ignorants, soit des fraudeurs… Franchement, il ne faut pas faire preuve d’ouverture d’esprit pour ainsi qualifier les gens qui ont une opinion contraire à la sienne! Tentez donc de convaincre les gens poliment au lieu de les insulter!
salut monsieur bernier,d abord felicitations pour ton blog. l idee d’un taux d imposition, ce serait génial, je ne sais pas s il a deja eu un debat national la dessus, si non, je pense que les provinces qui l appliquent seaient pretes à considere l’idée, mais je crois qu encore une fois et probablement toujours, le quebec ne sera pas d accord, comme pour la plupart des decisions federales.
Que pensez-vous des arguments de Denis Julien concernant la flat-tax?
voici ce qu’il a écrit:
Revenons-en au sujet. S’interroger sur l’opportunité d’adopter un régime d’impôt à taux unique revient à poser trois questions. Est-ce que ce serait plus simple? Est-ce que ce serait plus équitable et progressif? Est-ce que ça permettrait au Québec de connaître une plus grande croissance et efficacité économique?
À la première question, je répondrais que l’on pourrait associer l’instauration d’un taux unique d’imposition à l’enlèvement d’une marche à l’escalier de l’Oratoire Saint-Joseph : c’est moins haut, mais même pour celui qui monte à genoux, cela relève moins du défi que de l’insignifiance. Convenons que gaspiller du crédit politique sur l’élimination d’un paragraphe d’une annexe ne fait pas très sérieux.
À la seconde question, est-ce que la flat tax permet de conserver une certaine progressivité? En théorie, la réponse est oui. En pratique, au Québec, la réponse est non. Je m’explique. En théorie, un système à taux unique, en combinant une exemption de base plus élevée avec un taux d’imposition plus élevé, permet d’afficher une certaine progressivité. Au Québec, cependant, avec 41% des contribuables ne payant aucun impôt sur le revenu, il serait difficile pour les familles à revenus modestes de conserver pareil avantage avec la flat tax. Qui plus est, des simulations ont démontré que pour être très généreux avec les familles à revenus modestes, la flat tax pénaliserait automatiquement les contribuables ayant un revenu supérieur à 40 000 $, donc la classe moyenne. Paradoxe supplémentaire : les riches (100 000 $ et plus), verraient leur propre impôt diminuer.
J’ai déjà parlé à Jeff de ces simulations de l’Institut Fraser (2001) qui relevaient ce danger pour la classe moyenne. Je crois qu’il serait temps qu’il lise cette documentation.
Il nous reste à interroger le taux unique quant à sa capacité à améliorer la performance économique du Québec. Là encore, il y a des réformes bien plus pressantes à mettre en branle. Diverses études dont le Rapport Fortin et celui de Kesselman (IRPP), indiquent qu’au lieu de ‘zigonner’ sur l’impôt sur le revenu en se questionnant sur le nombre de paliers (1, 2, 3), on serait mieux de percevoir les recettes fiscales par les taxes à la consommation plutôt que l’impôt sur le revenu. Le vrai débat doit se faire sur les bonnes taxes vs. les mauvaises taxes. Aussi, toute la littérature économique contemporaine pointe vers la diminution des impôts sur les profits d’entreprises, celles des taxes sur la masse salariale et la réduction réglementaire pour les PME afin que le Québec connaisse un sursaut de l’investissement et de l’innovation.
Jusqu’ici, nous nous sommes cantonnés à la manière pour l’État de prélever ses recettes fiscales. On devrait aussi se questionner sur ce que fait notre État-bouffi de tout cet argent que nous lui procurons. Bien entendu, notre État dépense trop, mais surtout, il dépense mal. Lorsqu’il investit en infrastructure et encourage l’innovation, il concourt à plus de prospérité. Mais lorsqu’il se substitue dangereusement au secteur privé (quasi-nationalisation des garderies), qu’il instaure des programmes universels et centralisés plutôt que ciblés et flexibles, qu’il subventionne des entreprises mourantes, l’État alourdit les structures et nous gratifie de services déplorables (santé, éducation).
L’enflure et la croissance annuelle des coûts de l’ogre bureaucratique nous interdit de penser qu’un jour, nous réussirons à le financer suffisamment. Si on n’oblige pas nos dirigeants à réduire drastiquement les dépenses de l’État, ceux-ci n’auront de cesse d’imaginer de nouvelles manières de confisquer plus de ressources à la population productive. Au lieu de vivre l’échange de bonnes taxes contre de mauvaises taxes, nous connaîtrons plutôt l’ajout de bonnes aux mauvaises taxes existantes.
Je termine donc en enjoignant Jeff à faire véritablement preuve de courage en disant toute la vérité à la population. Ceci implique le courage de travailler à se documenter convenablement plutôt que de proposer des politiques bonbons comme la flat tax. Toute ma vie adulte, j’ai dû supporter dans les médias les poncifs et arguties imbéciles de notre gauche québécoise. J’apprécierais bien ne pas avoir à soupirer de déception quand c’est mon groupe d’inspiration libérale (au sens philosophique) qui prend la parole.
Denis Julien
Conseiller politique du candidat à la chefferie de l’ADQ, Éric Caire
@ Normand Gallant,
« Que pensez-vous des arguments de Denis Julien concernant la flat-tax? »
Je ne suis évidemment pas du tout d’accord avec cette critique ( http://jmarcotte.blogspot.com/2009/07/lettre-ouverte-de-denis-julien-jeff.html ), ni avec celle très similaire d’Éric Caire ( http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/200907/13/01-883755-la-flat-tax-mauvaise-solution-a-un-faux-probleme.php ), le candidat à la chefferie de l’ADQ dont M. Julien est le conseiller.
Pour répondre aux mêmes trois questions posées par M. Julien:
1. Est-ce que ce serait plus simple?
M. Julien et M. Caire mentionnent uniquement la simplification qui viendrait de l’élimination de paliers d’imposition pour n’en garder qu’un seul, et ils laissent entendre que cela ne changerait donc pratiquement rien à la complexité du régime fiscal. Il y a pourtant tout un éventail d’autres mesures possibles entre la simple élimination de deux paliers d’imposition sur trois et l’impôt uniforme proposé par Hall et Rabushka qui appliquerait un seul taux d’imposition à tout type de revenu et éliminerait tout le reste.
Les partisans d’un impôt à taux unique suggèrent en général d’éliminer au moins une partie des exemptions, déduction, crédits d’impôts, dépenses fiscales et autres complications et mesures d’exceptions du régime fiscal. C’est une critique qui s’adresse donc non pas à l’impôt à taux unique comme tel mais à une réforme spécifique qui serait trop timide.
2. Est-ce que ce serait plus équitable et progressif?
Autant M. Julien que M. Caire (implicitement dans le cas de ce dernier) réfèrent à des simulations présentées dans une étude de l’Institut Fraser publiée en 2001 ( http://www.fraserinstitute.org/commerce.web/product_files/FlatTax.pdf ) et mentionnent uniquement le fait qu’un impôt à taux unique aurait pour effet de réduire le fardeau fiscal des plus riches et d’accroître celui de la classe moyenne. Ils passent sous silence toutes les autres conclusions de l’étude. Si on lit l’étude en question, on se rend compte que cette affirmation est trompeuse et que les chercheurs de l’Institut Fraser disent en fait le contraire. En examinant les effets à long terme d’une telle réforme, et non simplement à court terme, on constate que tout le monde est gagnant :
The main criticism levied against flat taxes is that they dramatically shift the burden of taxation from highincome earners to low-income and middle-income earners. To a certain extent, this shift in the tax burden is inevitable given the extremely progressive nature of Canada’s current tax system.
(…) This shifting of the tax burden, however, is exaggerated by tax analysis based on a single year, an inappropriate tool for the task. The ability of individuals and households to move up and down the income spectrum demands that longer time horizons be incorporated into tax analysis in order to determine the real, long-term effect of tax changes.
(…) Such long-term analyses strongly suggest that individuals would gain under any of the nine flat-tax proposals presented above as any initial tax increase would more than be offset by later tax reductions during the individual’s peak earning period.
Par ailleurs, le transfert à court terme du fardeau fiscal dépend évidemment du niveau de l’impôt à taux unique qui sera imposé. Un gouvernement peut faire le choix de le fixer à un niveau où personne ne sort perdant. À court terme, cela signifie peut-être des recettes moins élevés pour le gouvernement, qui pourront être compensées soit par des réductions de dépenses, soit par les recettes accrues qu’entraînera un plus grand dynamisme économique généré par la réforme fiscale (dont MM. Julien et Caire ne parlent pas du tout : augmentation de l’incitation au travail et à l’investissement, réduction des distorsions dans les prises de décision économique, réduction du travail au noir, etc.).
On peut aussi donner le choix aux contribuables de rester dans le régime actuel ou de passer au nouveau régime quand ils considèrent que cela leur sera avantageux, comme c’est le cas en ce moment avec les déclarations d’impôt longue ou simplifiée.
D’une façon ou d’une autre, le point central concernant l’équité est que, au-delà du montant d’exemption de base, chacun est imposé au même taux quel que soit son revenu.
3. Est-ce que ça permettrait au Québec de connaître une plus grande croissance et efficacité économique?
Il n’y a aucun doute là-dessus. Autant la logique économique fondamentale que les études empiriques le démontrent. M. Caire passe à côté du sujet en répétant que les travailleurs de la classe moyenne seraient davantage imposés, ce qui réduira leur incitation à travailler. Ma réponse au point 2 contredit cette affirmation. M. Julien écrit quant à lui que « toute la littérature économique contemporaine pointe vers la diminution des impôts sur les profits d’entreprises, celles des taxes sur la masse salariale et la réduction réglementaire pour les PME afin que le Québec connaisse un sursaut de l’investissement et de l’innovation ». Il propose aussi de réduire les dépenses de l’État. Je suis tout à fait d’accord avec lui, il faudrait faire tout cela. Mais ça n’enlève rien aux mérites de l’impôt à taux unique.
L’impôt à taux unique n’est pas la solution magique à tout. Mais dans la mesure où nous avons un impôt sur le revenu, c’est une façon d’imposer qui est moins inéquitable et qui a moins d’effets pervers sur la croissance économique. Si on souhaite vraiment réformer le régime fiscal et surtout réduire le fardeau fiscal, il y a évidemment beaucoup d’autres choses à faire. Mais il n’y a aucune raison d’attaquer le modèle de l’impôt à taux unique comme le font MM. Julien et Caire.
Grande idée monsieur Bernier. Hopefully a great idea like this will catch on in Ottawa.
Pour avoir un taux unique, il faudrait abolir les exemptions (donc pas d’histoire de 18000$) et diminuer drastiquement les subventions, comme ça les taxes sur la consommation diminueraient.
[...] L’imposition à taux unique est communément connue en anglais sous de surnom de Flat Tax. La Flat Tax a été adoptée par une quinzaine de pays d’Europe de l’Est (dont la Russie) avec un succès retentissant (surtout dans le cas de l’Estonie), à Hong Kong, ainsi que dans une demi-douzaine d’États américains. Elle fut implantée temporairement en Islande et y connu un succès initial, mais son taux était trop élevé et s’avéra quelque peu catastrophique durant la crise économique, ce qui a récemment permi à un parti d’extrême-gauche de prendre le pouvoir et de retourner à la l’imposition disproportionelle. [...]
pourquoi on ne vois pas des idées du genre au quebec!!! c`est meme pas a l’ordre du jour d un parti!!!!