Pourquoi les gouvernements grossissent-ils toujours ?

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6-septembre-2010 · 30 commentaires  

Il y a dix jours, j’ai présenté un discours sur la politique et l’évolution de l’État au 20e siècle devant une cinquantaine de personnes lors d’un événement organisé par mon collègue Jacques Gourde, député de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, à Saint-Narcisse. Voici une version adaptée de mon allocution, que l’on peut également visionner sur les vidéos suivantes.

Pourquoi les gouvernements grossissent-ils toujours ?
par Maxime Bernier
Saint-Narcisse
27 août 2010

(Remerciements)

Vous savez, un vendredi soir, il y a autre chose à faire qu’être ici et entendre Jacques (Gourde) et moi parler de politique. C’est vrai que Jacques et moi nous sommes des politiciens – ce n’est pas le métier idéal de nos jours ! Nous faisons de la politique, nous parlons de politique.

Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que plusieurs d’entre vous voyez les politiciens comme des gens qui ne disent pas toujours la vérité, qui font de belles promesses qu’ils ne tiennent pas toujours. Ça fait en sorte que la population est devenue cynique et désabusée envers certains politiciens.

Ils ont raison. Les politiciens tendent à exagérer leur propre mérite et dénigrent leurs opposants. Ils prétendent qu’ils peuvent tout régler avec un nouveau règlement, une nouvelle loi ou un nouveau programme.

Moi, j’essaie de faire de la politique autrement, de dire les vraies choses, de ne pas faire de promesses, de faire de mon mieux pour représenter les Beaucerons et les Québécois à Ottawa.

La population s’aperçoit que d’un gouvernement à l’autre, d’une décennie à l’autre, on a l’impression que les choses ne changent pas tant que ça, et même que ça empire.

C’est pourquoi ce soir je ne vais pas vous faire un discours de politicien traditionnel. Mais plutôt un discours sur le problème de la politique de nos jours. La politique, c’est bien plus intéressant quand on s’adresse à l’intelligence des gens plutôt qu’à leurs émotions ou à leur sens de la partisannerie.

Alors, parlons donc d’un problème central de la politique aujourd’hui : pourquoi est-ce que tant de gens ont l’impression que les choses empirent ou en tout cas ne s’améliorent pas, malgré la croissance économique et les avantages de la vie moderne ? Est-ce une fausse impression ?

Si on regarde certaines grandes tendances historiques, on peut conclure que c’est une impression qui est bel et bien fondée.

La principale tendance qu’on observe, c’est que les gouvernements n’arrêtent pas de grossir. Un plus gros gouvernement, c’est un gouvernement qui taxe plus, qui dépense plus, qui s’endette plus, qui réglemente plus. C’est un gouvernement qui intervient dans tous les aspects de nos vies, et qui réduit donc d’autant notre liberté d’agir.

C’est ce qui s’est passé dans tous les pays du monde tout au long du 20e siècle. Le rôle, la taille et les pouvoirs des gouvernements ont radicalement augmenté.

Prenons par exemple la mesure des dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, c’est-à-dire la portion de l’économie dans son ensemble contrôlée que les gouvernements. Dans les principaux pays du monde occidental, elle est passée d’environ 10 % il y a un siècle à plus de 40 % aujourd’hui.

C’est donc presque la moitié de toute l’économie qui est aujourd’hui contrôlée par l’État. La moitié de vos salaires qui s’en vont en impôts et en taxes. Vous travaillez donc presque six mois par année pour financer les dépenses des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux.

Ces sommes gigantesques ne sont même pas suffisantes pour payer tous les programmes et interventions des gouvernements. Ils doivent emprunter des milliards de dollars chaque année pour combler leurs déficits.

Il y en a peut-être parmi vous qui ont des jeunes enfants, ou qui prévoient en avoir. Eh bien, dites-vous que chaque bébé nait avec une dette de plusieurs dizaines de milliers de dollars, qu’il devra rembourser d’une manière ou d’une autre au cours de sa vie. C’est peut-être pour ça qu’ils se mettent à pleurer dès qu’ils arrivent au monde !

Les dépenses publiques et les impôts perçus en conséquence n’expliquent cependant qu’une partie de la croissance de l’État. L’évolution de la réglementation est un autre facteur.

Il y a quelques années, l’Institut économique de Montréal a calculé que le gouvernement du Québec adopte quelque 8000 pages de nouvelles lois et de nouveaux règlements chaque année, tandis que le gouvernement fédéral rajoute 2000 pages. Très peu de règlements sont abolis, même lorsqu’ils sont désuets, alors qu’une multitude de nouveaux règlements sont constamment créés. Notre société n’a jamais été autant réglementée.

Je ne veux pas déprimer personne, mais pensez par exemple à tous les papiers que vous devez obtenir et tout ce que vous devez payer pour conduire une voiture, du permis aux taxes sur l’essence en passant par les amendes.

Ou encore la paperasserie nécessaire pour enregistrer votre arme de chasse. Le registre des armes longues est un monstre bureaucratique qui a coûté mille fois plus cher que prévu et qui traite tous les propriétaires de fusil de chasse comme des criminels potentiels.

On ne peut pratiquement rien faire aujourd’hui sans devoir obtenir une permission d’un bureaucrate. Vous voulez conduire une chaloupe ou un VTT ? Armez-vous de patience pour obtenir toutes les autorisations nécessaires et savoir tous les règlements qui s’appliquent. Même s’il y a des milliers de pages de règlements obscurs, ne pas les connaître n’est pas considéré comme une excuse par la loi si jamais vous les enfreignez. Vous ne pouvez plaider l’ignorance de la loi.

Les gouvernements nous prennent trop souvent pour des enfants irresponsables et croient savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous. Pour eux, ça justifie les mesures qu’ils adoptent pour nous tenir par la main et nous dire quoi faire. Et aussi pour prendre notre argent dans nos poches.

Saviez-vous par exemple qu’il y a une loi au Québec et dans d’autres provinces qui impose un prix minimum pour la bière que vous achetez au magasin ? Eh oui, la bière pourrait coûter moins cher, mais le gouvernement a peur que vous en buviez trop si c’est trop bon marché. La Régie des alcools détermine donc un « prix minimum de vente au détail de la bière afin qu’il n’encourage pas à une consommation non-responsable » .

Ce n’est pas une blague, c’est écrit comme ça dans la loi. Le gouvernement considère que vous êtes incapables de vous contrôler et d’avoir une consommation responsable si le prix de la bière est trop bas. Et ça adonne bien, un prix plus élevé, ça amène plus de taxes dans les coffres du gouvernement.

Les gouvernements veulent nous protéger contre tous les dangers et les risques possibles de la vie en contrôlant nos actions. Mais qui va nous protéger contre les gouvernements ?

Les gouvernements contrôlent des pans entiers de l’économie, comme la santé et l’éducation. Des secteurs qui sont constamment en crise et où il semble toujours y avoir des problèmes de financement. Et pourtant, à chaque année, les budgets de ces programmes augmentent plus vite que le reste de l’économie. Comment est-ce possible ?

C’est l’ex-président américain Ronald Reagan qui a le mieux décrit la situation. Il a expliqué le point de vue des gros gouvernements interventionnistes comme ceci : si quelque chose bouge, taxez-le ; si ça continue de bouger, réglementez-le ; et si ça arrête de bouger, subventionnez-le !

Ce qu’il faut se demander en fin de compte, c’est pourquoi la taille des gouvernements a-t-elle tant augmenté? Est-ce que tout le monde souhaite vraiment avoir ces gouvernements gigantesques ? Est-ce que c’est pour ça que les gens votent ?

Des économistes ont tenté d’expliquer cette dynamique. Leurs recherches démontrent que certains groupes ont très fortement intérêt à s’organiser pour faire pression sur les politiciens.

Ces groupes de pression veulent des subventions, des mesures protectionnistes, des programmes sociaux plus généreux, des privilèges fiscaux ou légaux, une règlementation qui les favorise ou qui les protège de compétiteurs. Une faveur obtenue du gouvernement peut leur rapporter des bénéfices considérables.

Bien sûr, c’est vous les citoyens qui aurez à payer pour ces faveurs. Dans votre cas cependant, le montant que vous devez payer pour chaque mesure prise séparément n’est pas suffisamment important pour justifier de s’organiser pour s’y opposer. Vous n’avez sûrement pas le temps de participer à des réunions et à des manifestations dans la rue pour dénoncer une mesure spécifique du gouvernement qui va vous coûter dix dollars, même si dix dollars par ci, dix dollars par là, ça finit par donner des centaines et des milliers de dollars. Vous devez travailler et vous occuper de votre famille. Par contre, le lobby qui reçoit 100 millions de dollars grâce à cette mesure a un énorme intérêt à s’organiser et à faire pression sur les politiciens.

Il est très difficile pour les politiciens de dire non à ces lobbies. Les lobbies ont les moyens d’influencer les débats, de mobiliser rapidement des appuis et de susciter des controverses dans les médias. D’autre part, on n’entend jamais ce que vous, la majorité silencieuse, avez à dire, même si c’est vous qui allez payer la note.

Au sein du gouvernement, les fonctionnaires cherchent eux à obtenir un revenu plus élevé et d’autres avantages. Les fonctionnaires ne sont pas des saints qui se dévouent pour le public. Ils ont des intérêts à défendre eux aussi. Leur intérêt, c’est d’élargir les programmes qu’ils administrent, d’avoir de plus gros budgets, des titres plus prestigieux, des pouvoirs plus importants.

Les fonctionnaires ont une grande influence sur la prise de décision politique parce que ce sont eux qui contrôlent l’information et l’ordre du jour des politiciens. J’en ai fait l’expérience quand j’étais ministre de l’Industrie. J’ai dû me battre contre mes propres fonctionnaires pour réaliser mon objectif de déréglementer une partie du secteur des télécommunications dans le but de permettre plus de concurrence, d’offrir plus de choix et de réduire les prix pour les consommateurs.

Si les groupes d’intérêt et les fonctionnaires veulent un gouvernement plus interventionnistes et que les politiciens acceptent, alors les électeurs auront davantage de gouvernement, peu importe ce qu’ils veulent.

Voilà comment l’état grossit sans cesse. Voilà comment nous devenons de plus en plus endettés, de moins en moins libres et de plus en plus dépendants des gouvernements.

Qu’est-ce que nous pouvons faire – qu’est-ce que vous pouvez faire – pour renverser cette tendance ? D’abord, bien comprendre que la principale division en politique est celle entre, d’un côté, ceux qui veulent plus d’État, plus de programmes, plus de contrôle, plus de taxes et de règlements ; et, de l’autre, ceux qui veulent que les individus soient libres et responsables de leurs actions.

Si vous êtes partie de ce deuxième groupe, il y quelque chose que vous pouvez faire : demandez aux gouvernements qu’ils s’enlèvent de votre chemin. Demandez à vos élus plus de liberté. Demandez qu’ils vous traitent comme des adultes responsables. Parlez-en haut et fort à votre famille, à vos amis, à vos voisins.

Plus il y aura de gens qui comprendront et partageront ces idées, plus il sera possible de créer un contrepoids aux lobbies qu’on entend constamment dans les médias qui veulent plus d’intervention de l’État et qui veulent s’accaparer une plus grande partie de votre salaire. Ça incitera aussi les politiciens à tenir compte davantage des intérêts de la majorité silencieuse, de vos intérêts.

Pour conclure, c’est vrai que la politique, ça peut être ennuyant. Ça dégénère souvent en politicailleries. Mais si vous ne vous occupez pas de la politique, c’est la politique qui va s’occuper de vous et de votre portefeuille. En définitive, c’est à vous de décider si nous aurons une société plus libre, plus responsable et plus prospère.

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30 commentaires à “Pourquoi les gouvernements grossissent-ils toujours ?”

  1. Simard dit:

    Bravo Maxime,

    Enfin un discours intelligent.

  2. Hoarfrost dit:

    Merci, Msr. Bernier.

    Exactement Simard.

  3. johndoe124 dit:

    Man, are you ever a breath of fresh air. I want to have your children, and I’m not even gay!

    Is anyone in the « Conservative » caucus listening?

  4. Sébastien Ruel dit:

    Félicitation M. Bernier pour ce discours qui est déjà selon moi une oeuvre d’art de la nouvelle politique moderne qui devra voir le jour sous peu avant que l’on se fasse tous englober par l’État. Cela redonne espoir de vous entendre et lire, d’entendre aussi un Chris Christie qui a réussi un tour de force incroyable de dégraissage de l’État dans le New-Jersey. Un Mike Harris qui a pris le taureau par les cornes en Ontario et une dame que l’on ne parle pas assez souvent, Mme Hazel McCallion mairesse de Mississauga Ontario qui applique ce genre de politique pour ces habitants.

    « Donne à une personne un poisson, tu le nourriras un jour, apprends lui à pêcher et tu l’auras nourris pour toujours » – proverbe chinois

    Ce n’est pas en donnant tout cuit dans le bec à une personne que l’on va l’aider à devenir meilleure, à être autonome et à l’aider à prospérer… nos gouvernements le font pour des centaines de milliers d’individus qui vivent de plus en plus aux mamelles de l’État et qui en sont devenus dépendants. Oui ça fait élire des politiciens de genre de pratique, mais ça hypothèque le futur de toute une société…

    Encore une fois félicitation pour ce discours ;)

  5. Mark Rose dit:

    Maxime, please be my Prime Minister! We need someone who understand economics. Apparently a economics degree from the University of Calgary isn’t enough.

  6. chevymo dit:

    Thank you Mr. Bernier. It is my belief that the electorate is not naive but for the most part – is not engaged. It is my hope that forums such as this, where issues are ptresented in a clear manner based on common sense, will help mobilize the debate among ‘ordinary citizens’ so that the ‘majority’ – the wealth creators, will no longer be ‘silent’ and will begin to demand a government representative of their needs and interests.

    It is beginning to happen. I am still hopeful that I will find the support and representation I so desperately need both here in the Beauce and in Ottawa. Government intervention at any level can actually destroy individual lives and we need people with influence to stop it and to create an environment where the fundamental right of every individual Canadian to secure their own livlihood is respected and protected without distinction.

  7. old white guy dit:

    all my life government has continued to expand. it has not made any difference which party is in control. the question is who, while in power will cut the total government payroll and personnel by at least 10 percent. the correct answer, no one because canadians are overwelmingly socialist and our governments will continue to grow until we go broke or the government owns all the production and wealth of the country.

  8. brad dit:

    i could not agree more mr bernier. exellent speech and one that must be delivered via prime time. im thinking CBC. im sure they would love to hear your message. we need a majority in the next election and it is the responsibility of conservatives everywhere to educate themselves on the reality of economics and to pound the pavement in the next election to disseminate that knowledge.

  9. Ted dit:

    « The main trend that we observe is that governments are constantly getting bigger. A bigger government means a government that taxes more, spends more, gets deeper into debt, and regulates more. It’s a government which intervenes in all aspects of our lives, all the while curtailing our freedom to act. »

    With respect, that main trend has never been bigger than under your government, Mr. Bernier. Even before the recession, your government shattered spending records in your budget and then shattered them again the next year. Spending increases were announced (and many later cancelled) for military, sure, but you also increased the budget for such things as the kind of polling Mr. Harper criticized before he became PM, for such things as regional development agencies that Mr. Harper criticized before he became PM (including the creation of 2 brand new regional development agencies), corporate welfare, the size of the PMO’s budget, transfer payments to elimintate the phantom « fiscal imbalance », etc.

    And it wasn’t just spending: the size of the government increased – there has never been more people in the direct employ of the federal government. That is spending that just increases over time and more people wanting to interfere more.

    And then the recession hit and Harper firmly entrenched the idea that only government can save an economy with tens of billions of taxpayer dollars. Worse than the unprecedent spending, the unapologetic bragging about how necessary it was, the shere size of the spending, the obvious porkbarrel politics of it, worse than that was the waste even in the implementation: over a hundred million dollars on advertisements and signage, money for a private girls school soccer field, sidewalks to nowhere.

    And then even worse, as we emerge from the recession and austerity should return, the budget increases, the size of the government increases. Instead of cutting back, the PMO budget is now bigger than it has ever been. Even the Canadian Human Rights Commission budget has increased and the number of people it employs has gone up this year. The only thing that seems to be cut is over $2 billion in announced military spending.

    As for interference, you mentioned driving a boat: stricter and stricter boat licensing was brought in by Harper. Rather than just spend oodles and oodles of money, Harper is dictating and interfering in local projects and planning like never before. With the specialized tax cuts for certain activities, your government is trying to dictate how we should live our lives and raise our children (why should a sports activity get a tax break and not a chess club or a science club for our kids for example?).

    Meet the new boss. Way worse than the old boss.

  10. johndoe124 dit:

    « Meet the new boss. Way worse than the old boss. »

    The difference being that at least the Conservative caucus has members such as Mr.Bernier who are arguing for smaller government and less intervention. The Liberals and the NDP are both arguing for more central planning of our economy and society. In other words, substantially more intervention in our daily lives. Over the years our right to manage our own lives has eroded substantially. Our politicians should be protecting those rights. There isn’t a single politician on the left side of the fence who is willing to do that.

  11. Ted dit:

    Seems to me John Doe that there was a Liberal government before Harper and it was not worse than Harper but in fact, on conservative issues, clearly better.

    Harper has even made it very clear what he thinks of the single politician on the right side of the fence who is willing to do that.

    When Harper is moving the fence further to the left than it ever was and trying to find new ways to and inventive and more permanent ways interfere with our lives, then you only have yourself to blame for continuing to support him.

  12. johndoe124 dit:

    Unfortunately, Ted, we can’t re-elect the past. Looking forward, it’s Liberal central planning. I’ll take my chances with the persuasive forces within the Conservative party. It is the only party at this point in time that has members who believe in free markets and protecting our fundamental right to manage our own lives. If the Liberals were ever to return to their classical liberal roots they would definitely be an alternative.

  13. David W. Lincoln dit:

    Given that the only thing propelling « progressivism » is the people in favour of it are petrified to think, much less conclude, that they might be wrong; real change has to take place, and not just in government.

    Maxime is speaking clearly, and I see the best of Quebec in him, because what he says is true at any time.

  14. chevymo dit:

    Speeches are great and very motivating but I want to see concrete action from every or any MP who claims to put the protection of individual rights ahead of the interests of the social collective that got him or her elected – they have to actually walk the walk and the opportunities to do so are plentiful.

    We’re watching. We’ve had enough political, idealistic verbage. We want to SEE the change we need. We want to BE the change we need.

    It takes courage for a politician to stand up to the ‘powers that be’ who are intent on safeguarding the status quo and the political power it provides them.

    When the electorate takes back it’s power and demands change we will have the government we need and politicians will be forced to respect our liberty.

    We don’t need more ‘politics’ … we need ‘leadership’ …

  15. rejean Boulay dit:

    De la musique pour mes oreilles, On se cherche un nouveau Pm au Québec PLEASE….

  16. Cytotoxic dit:

    @Ted: indeed, this speech only further motivates me to hurt the CPC in the next election. I may even vote Liberal out of spite-all the more so since my MP is Keith Martin.

    @JohnDoe: persuasive voices in the CPC? Who are these? Max hasn’t persuaded anybody who can make a difference (no offense). The only way Max can get power is by winning the leadership race that will result from the CPC losing an election. Giving the CPC a majority is the worst thing that could happen.

  17. True Quebec Conservative dit:

    @ Cytotoxic,

    You are right, having this phony conservative government constantly violating basic conservative principles is much worse for the cause of freedom and small government than having the other parties in power, whether they are moderate reformers like Chrétien-Martin (who now look like libertarians compared with Harper) or big spenders as we can expect a liberal-NDP coalition to be.

    They deserve to be thrown out at the next election. Maxime can expect to be one of the few still standing up in the wreckage.

    FYI, Don Martin in the Post has just published a column on the Quebec City stadium. This morning, the Quebec PC caucus came out in favour of federal subsidies to built this future white elephant. And guess what?

    http://fullcomment.nationalpost.com/2010/09/08/don-martin-harper-prepares-to-buy-off-quebec

    The picture of beaming Conservative MPs sporting new Quebec Nordiques hockey jerseys on Wednesday was worth a thousand words of political insight.

    Canadian taxpayers, it seems obvious, are about to sink almost $200 million deeper into deficit to finance a giant hockey arena in Quebec’s “national” capital to help land a second NHL hockey team for the province, in exchange for more Conservative seats.

    The signs are not even subtle. Prime Minister Stephen Harper’s lapdog MPs would never pose in such a giddy thumbs-up stance without first getting the go-ahead from above. And there’s no way they’d get clearance from the PMO, where this contentious file now sits, unless Mr. Harper was setting up great expectations for a cash delivery.

    It was instructive that Quebec MP Maxime Bernier, who opposes public handouts for private enterprise, was missing from the photograph and e-mailed me a curt ‘no comment’ when asked about the merits of federal support for the arena.

    And so, the elements are converging to create a political squeeze play pitting West against East, fiscal prudence against profligacy, vote buying in Quebec against voter backlash everywhere else.

    (…) With seven Bloc Quebecois seats up for sale to the highest bidder, the magic number for a Conservative majority gets tantalizingly close if they win over the arena’s spectator catchment area.

    Still, the optics are horrible outside of the happily-bribed region.

    How any diehard Conservative loyalist is still able to treat this as a principled party is beyond me. Had this been a Liberal display of blatant chequebook politics, the howls from true-blue types would be heard from coast to coast.

    Handled badly, this could be Mr. Harper’s CF-18 moment, a rehash of that dark Prairie day in 1986 when Brian Mulroney yanked a jet fighter maintenance contract out of Winnipeg and handed it to Canadair in Montreal. That unleashed a firestorm that created the Reform Party, including a rookie MP named Stephen Harper.

  18. Howard MacKinnon dit:

    Your prescription for action is:
    1. « (A)sk your governments to get out of your way. Demand more freedom from your Members of Parliament. Ask them to treat you like responsible adults. »
    2. « Discuss these issues with your family, your friends and your neighbours. »

    There are problems with each of these. The problem with the first is that you have already correctly identified the reason why it won’t work – the enormous incentives, in terms of money and power, for your demands to be ignored by vote-buying politicians and money-leeching special interest groups, most significantly big business.

    We have legitimized a system of legalized theft where both personal freedom and tax slavery are equally acceptable political options. This is the no-win state of affairs that we further legitimize every time we cast a ballot for freedom in an exercise doomed to failure.

    One can admire your efforts while still observe how frustratingly small the difference you have been able to make in pushing back big government even within a government many of whose members supposedly think as you do.

    The problem with your second suggestion is its futility if all that is discussed is where to mark your « X ». We have to stop marking Xs altogether. Stop treating a vote for legalized theft as morally equivalent and just as acceptable as a vote for individual liberty. They are not equal – the first is simply wrong and no majority of bribed voters can make it right. The majority already either declines to vote, or votes for what they consider the lesser evil without actually supporting that party’s platform. Our « majoritarian » democracy is a sham. Our « liberal » democracy has abandoned the principle of liberty. It’s time those who value freedom recognized that and stopped participating in an irredeemably illegitimate system.

    Don’t vote. Oppose the state in every way you can. If you have to vote, pay your taxes, or complete a census at the point of a gun then do so, but only then. It is the sanction of the victim that empowers them. Withdraw your sanction. Over time we can replace all necessary goods and services now provided by the state with voluntary ones. Find them. Engage with other free traders in the free market. Disengage from the state.

  19. chevymo dit:

    A businessman’s success depends on his intelligence, his knowledge, his productive ability, his economic judgment—and on the voluntary agreement of all those he deals with: his customers, his suppliers, his employees, his creditors or investors.

    A bureaucrat’s success depends on his political pull.

    A businessman cannot force you to buy his product; if he makes a mistake, he suffers the consequences; if he fails, he takes the loss.

    A bureaucrat forces you to obey his decisions, whether you agree with him or not—and the more advanced the stage of a country’s statism, the wider and more discretionary the powers wielded by a bureaucrat. If he makes a mistake, you suffer the consequences; if he fails, he passes the loss on to you, in the form of heavier taxes.

    The businessman’s tool is values;

    The bureaucrat’s tool is fear.

    … taken from the writings of Ayn Rand – Capitalism : The Unknown Ideal.

  20. chevymo dit:

    @ Howard MacKinnon

    Please consider that :

    The citizens of a free nation may disagree about the specific legal procedures or methods of implementing their rights (which is a complex problem, the province of political science and of the philosophy of law), but they agree on the basic principle to be implemented: the principle of individual rights.

    When a country’s constitution places individual rights outside the reach of public authorities, the sphere of political power is severely delimited — and thus the citizens may, safely and properly, agree to abide by the decisions of a majority vote in this delimited sphere.

    The lives and property of minorities or dissenters are not at stake, are not subject to vote and are not endangered by any majority decision; no person or group holds a blank check on power over others.

    Individual rights are not subject to a public vote; a majority has no right to vote away the rights of a minority i.e. the individual.

    However, since knowledge, thinking, and rational action are properties of the individual, since the choice to exercise his/her rational faculty or not depends on the individual, survival requires that those who think be free of the interference of those who don’t.

    Since people are neither perfect nor infallible, they must be free to agree or disagree, to cooperate or to pursue their own independent course, each according to his/her own rational judgment.

    VOTE … with an ‘active’ mind.
    … not an ‘open’ mind which hold no firm convictions and grants plausibilityto anything.
    … nor a ‘closed’ mind which is in fact a ‘passive’ mind that has dispensed with (or never acquired) the practice of thinking or judging, and feels threatened by any request to consider anything but maintaining the status quo.

    An ‘active’ mind – a mind able and eagerly willing to examine ideas, but to examine them critically.

    An active mind does not grant equal status to truth and falsehood; it does not remain floating forever in a stagnant vacuum of neutrality and uncertainty; by assuming the responsibility of judgment, it reaches firm convictions and holds to them. Since it is able to prove its convictions, an active mind achieves an unassailable certainty in confrontations with assailants — a certainty untainted by spots of blind faith, approximation, evasion and fear.

    NOT to vote – is to EVADE responsibilty for maintaining one’s own freedom

  21. Québec Droite dit:

    Un peu d’histoire :

    Certains commentaires qui datent presque de deux siècles, mais qui sont toujours d’actualité. (Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840, Ed. Gallimard, 1968)

    Bien que farouche défenseur de la démocratie, A. de Tocqueville ne se cache pas qu’elle a quelques failles.

    1. L’un des premiers dangers peut être le manque de discernement des électeurs (d’ailleurs Tocqueville connaîtra des déboires électoraux).

    2. Un autre danger sera le despotisme démocratique. Un État tentaculaire peut se développer en privant les citoyens de leur liberté en échange d’une égalité de traitement et d’un bonheur minimum. C’est le despotisme démocratique

    La réalité est que l’État n’est pas composé d’hommes plus vertueux que le reste de la société que chacun des acteurs du marché politique, votant, politicien ou bureaucrate, cherche à maximiser son bien-être plutôt que le bien commun. La pratique de la course aux faveurs doit être perçue comme un trait permanent du processus de décision politico-bureaucratique.

    Depuis la crise économique, en Grèce, il y a un certain consensus de la part des économistes européens.

    «Tous les pays démocratiques qui ont un fort déficit ont le même symptôme, des politiciens qui ont surendetté l’État pour gagner la faveur populaire et satisfaire les groupes d’intérêts, sans voir les conséquences économiques à moyen long terme.»

  22. claude chamberland dit:

    bravo m. bernier
    on a besoin d’un nouveau premier ministre
    vous avez mon vote

  23. Stephen Morford dit:

    Thank you Mr. Bernier so much for what is probably the most forthright and upstanding thing a politician has said in this country in decades. Among my group of friends and acquaintances there are frequent good-natured arguments about the role of government in Canadian society. I have often used a similar argument; that we are adults and we don’t need nannies… especially those that charge more than we can pay! But in Canada now everything is mandatory. I have to pay for every program that everyone else takes advantage of whether I approve or not. It has reached the point where I make a decent wage and still struggle to own a home and pay my bills because taxes take such a huge percentage of my wages. I keep arguing to no avail that every dollar wasted on unnecessary programs (to curry favor with those that are perfectly able to pay their own way) is a dollar taken from those that actually need it. A society that refuses to assist those that are unable to help themselves is not civilized. Yet we underfund programs that are absolutely necessary to the well-being, and even the survival, of less fortunate citizens while throwing BILLIONS of dollars in unnecessary subsidies to industry, special interests and the expansion of bureaucracy. A recent program offered subsidies to homeowners to do energy audits and retrofit their homes. Should we be offering subsidies to people that can actually afford a home when so many can’t? And the working poor have to pay taxes to support these programs while they have no prospects of owning a home, and likely never will because of the heinous tax burden we face. I didn’t take advantage of this subsidy myself because of the onerous regulation and a nagging conscience, but the temptation was there. We need to remove these temptations that make even good and honest people spend what isn’t theirs because if they don’t it will be lost to someone/something else.

    Whatever the future holds for you Mr. Bernier, I will support you. Bravo!

  24. Lise Morissette dit:

    Bravo Monsieur Bernier enfin un politicien qui se tient debout. Lorsque la fin de la construction du nouveau colisée et que le cout doublera qui sera dans ses petits souliers avec son 45% des couts pendant que l’on a coupé dans la santé, l’éducation. Monsieur Charest c’est décision de politicien qui veut faire oublier la commission Bastarach et toutes les passes passes dans la contruction. Monsieur Bernier pensez très fort a fonder un parti au Québec je serais la première a travailler pour vous pour faire élire . Notre province doit se dotter de quelqu’un comme vous et cela presse . Encore une fois bravo

  25. John Le Blancq dit:

    Sir:
    Your speech was the best thing I’ve read in many years, and moved me to tears. It is evryhting i’ve been fighting for, and I often quote Ronald Reagan on taxes.

    Now, can you please, please, run for the Party Leadership so that you can become Prime Minister ???

    Yours, a demoralised Conservative in Ontario.

  26. Hugo dit:

    On dirait que les politiciens des 50 dernières années ont lu Atlas Shrugged, mais qu’il n’ont rien compris!!! C’est le contraire qu’il fallait faire!

    Who is John Galt?

    Une chance que vous êtes là M. Bernier!

  27. David W. Lincoln dit:

    http://blogs.telegraph.co.uk/news/danielhannan/100053891/britain-has-confined-itself-to-a-cramped-and-declining-regional-bloc/ shows that Maxime is not alone in pointing out the dangers of the status
    quo, and what can be done.

  28. marcolive dit:

    Wow!! L’art de regarder qu’un seul côté de la médaille!

    Je crois beaucoup à l’entreprise privée… j’en gère une. Cependant, il ne faut pas oublier que la plupart des dirigeants d’entreprises ont un seul objectif en tête : faire de l’argent. Pour certains, c’est à tout prix!

    Exemple : la crise économique dans laquelle nous sommes! Elle a été causée par quoi? Par une trop grande déréglementation de l’économie aux US. Les financiers ont trop fait de connerie en perdant de vue le « bien commun » pour faire plus d’argent et récolter un beau bonus à la fin de l’année. Sans l’intervention de nos « gros gouvernements », le système économique serait complètement à terre et nous serions dans une situation pire que celle des années 30.

    Quelle a été la province la moins touchée par cette crise économique et quelle s’en sort le mieux? Le Québec! Étrange!!! Je me met à la place d’un travailleur qui a perdu son emploi et j’aurais été super content d’avoir un chèque d’assurance chômage. J’aurais été bien content aussi que ma femme puisse continuer ses traitements de chimio même si je n’aurais été sans un sou…

    Il y a eu sans doute des dérives de la part de nos gouvernements actuels, mais tout est perfectible! Revenir dans un obscurantisme des siècles derniers pour la majorité de la population, non merci M. Bernier!

  29. leedra dit:

    IF Mr. Bernier means what he says, and IF Mr. Bernier can get his message out in spite of the shamelessly slanted, almost-corrupt, socialist media in this country, and IF he could get elected as a result of having reached what I believe is the silent majority of the Canadian people, and IF he followed through instead of changing stripes the minute he gained power, and IF and IF and IF, then there’s some hope for Canada. But those are a lot of big IF’s, and I can’t see us overcoming them without some movement taking place in Canada similar to that of the Tea Party in the U.S. It’s only as a result of them that the U.S. seems to be turning itself around, and they’re a lot more individualistic than we have been for many years. But if they can do it, so can we.

  30. J.E.Denis Robichaud dit:

    Bonjour M.Bernier

    Sincèrement votre discours sur la réduction de l’état me surprend, comme plusieurs politiciens depuis le temps des temps.
    J’espère que vous réussirez a contenir le trou béant entre les revenus et les dépenses de l’état!
    Comme nous le demande le gouvernement et la banque centrale aux consommateurs!
    Dans l’ensemble les fonctionnaires attendent toujours le prochain budget et il n’y a que peu pour satisfaire les besoins. Nous avons tué nos régions au détriment des grandes villes pour se rendre compte de l’incapacité des grands centres a fournir du travail pour les cols bleus.
    We the people are sick of paying for buildings we want better services, pay the nurses the teachers and the tools they need not more mega centers..Pay computers for our children in schools so they can compete with the world!Have immigrants teach other laguages, customs and cultures in schools so we can do business and trade all over the world.
    Escucha hombres y muyeres del pays, pide que aser para vuestra nuevo pays Canada, necesitamos ayuda, bienvenido! Obrigado, Ciao, etc.
    bonne chance, suerte, cheers, Maxime.

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