Comment sortir de la crise économique

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16-février-2012 · 19 commentaires  

J’ai présenté ce discours le 3 février dernier en anglais devant la Chambre de commerce de Toronto. Hier, le Financial Post en a publié un extrait sous le titre « Give Keynes the boot » .

**********

keynes_0 Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me fascine depuis quelques années : comment sortir de la crise économique globale qui a débuté en 2007.

Comme vous le savez, elle a commencé sous la forme d’une crise financière provoquée par l’effondrement de la bulle immobilière aux États-Unis. Elle s’est ensuite répandue à travers le monde et a entraîné une récession.La plupart des gouvernements ont réagi en adoptant d’ambitieux plans de relance qui ont alourdi les dettes déjà élevées qu’ils avaient. Elle s’est maintenant transformée en crise de la dette publique et en crise budgétaire, en particulier en Europe et aux États-Unis.

Certains pays européens, comme la Grèce, doivent maintenant être sauvés de la faillite. D’autres, comme l’Italie et l’Espagne, ont des problèmes sérieux. Certains seront de nouveau en récession cette année. Plusieurs analystes prévoient que tout cela pourrait entraîner l’effondrement de l’union monétaire européenne.

De leur côté, les États-Unis accumulent depuis plusieurs années des déficits gigantesques qui mettent en danger l’économie américaine à moyen terme.

Au contraire, la situation est sous contrôle au Canada. Notre économie a créé plus d’emplois depuis la récession que nous en avons perdus durant la récession. Le Canada n’a pas trop souffert, en partie parce que nous avions des finances publiques saines avant la crise. Et parce que notre plan de relance a été limité et bien ciblé, en grande partie sur des projets d’infrastructure dont nous avions besoin.

Nous n’avons pas perdu le contrôle de nos dépenses. Nous n’avons pas créé de déficits non viables. Et aujourd’hui, nous sommes clairement sur la voie du retour à l’équilibre budgétaire et, à moins que la situation internationale ne se détériore, d’une croissance économique soutenue.

Pourquoi le Canada se retrouve-t-il dans une situation économique relativement enviable, alors que nos partenaires connaissent toujours de sérieuses difficultés? Parce que nos partenaires appliquent les préceptes d’une école de pensée économique qui s’appelle le keynésianisme. Cette théorie a été développée par l’économiste britannique John Maynard Keynes.

Keynes avait très peu confiance dans les entrepreneurs et le libre marché. Il était un fervent défenseur de l’intervention du gouvernement dans l’économie. L’une des principales idées de Keynes est qu’en période de crise ou de récession, la meilleure façon d’en sortir est d’augmenter les dépenses du gouvernement.

Les dépenses publiques vont soutenir la demande globale, remettre tout le monde au travail et relancer l’économie. Même si le gouvernement a déjà un déficit élevé et une grosse dette accumulée, ce n’est pas grave. Il faut emprunter et dépenser.

C’est l’un des paradoxes proposés par Keynes : la solution à trop de dépenses est de dépenser encore plus. La solution à des niveaux élevés de déficit et de dettes est encore plus de déficit et de dettes.

Les économistes keynésiens prétendent que si l’économie américaine ne s’est toujours pas complètement remise de la crise, c’est parce que le gouvernement ne dépense pas suffisamment. Pour eux, des déficits budgétaires annuels correspondant à 10% du PIB, ça ne suffit pas. Ils souhaitent des déficits encore plus importants. Pour vous donner une idée, le déficit budgétaire du Canada cette année correspond à un peu moins que 2% du PIB.

Il y a quelque chose de fondamental qui cloche dans cette explication. La question centrale qu’on doit se poser est celle-ci : d’où vient l’argent que le gouvernement dépense? Il doit bien venir de quelque part. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord retiré du secteur privé par des taxes et des impôts; ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu’un, c’est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation de la demande globale.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l’argent au gouvernement auront eux aussi moins d’argent à dépenser ou à investir ailleurs. Ou bien, ils auront moins d’argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation dans la demande globale.

C’est comme prendre une chaudière d’eau dans le coin de la piscine ou l’eau est profonde pour la jeter dans le coin où c’est moins creux. Et il est évident que ça ne fonctionne pas. Nos amis keynésiens à Ottawa, les néodémocrates et les libéraux, devraient comprendre ça.

Voyons ce qui est arrivé dans le pays qui a mis en ouvre ce genre de politique de façon très poussée : le Japon. Il y a vingt ans, le Japon a souffert d’une crise similaire à celle qui a frappé récemment les États-Unis. Une bulle spéculative qui s’était développée dans le secteur immobilier a finalement éclaté en 1990. Les prix se sont effondrés et cela a eu un impact négatif sur toute l’économie.

Le gouvernement japonais s’est lancé dans une série de programmes de dépenses publiques pour stimuler artificiellement l’économie. Il a dépensé des billions de yen. L’économie japonaise n’est cependant pas sortie de sa torpeur.

En 1990, la dette publique brute du Japon correspondait à 68% du PIB. Aujourd’hui, c’est 225%. La dette publique japonaise est la plus élevée au monde. Et les Japonais n’ont pas obtenu grand-chose en retour. Ce n’est pas parce qu’on dépense tout ce qu’on peut avec sa carte de crédit qu’on s’enrichit. Et pourtant, s’il faut en croire la logique du keynésianisme, l’économie japonaise aurait dû connaître la croissance la plus rapide dans le monde depuis vingt ans.

Voici deux autres exemples historiques qui permettent de contredire cette théorie.

Dix ans avant la Grande Dépression, en 1920 et 1921, l’économie américaine a subi une très grave récession. Presque personne n’en a entendu parler, parce qu’elle n’a pas duré très longtemps. L’économie a chuté de 17%. Le chômage est passé de 5 à 12%.

Le président à l’époque, Warren Harding, ne croyait pas qu’on pouvait relancer l’économie en augmentant les dépenses publiques. Au contraire, il croyait que le gouvernement devait s’enlever du chemin.

Qu’est-ce qu’il a fait? Il a réduit le budget du gouvernement de presque la moitié. Il est passé de 6,3 milliards de dollars en 1920, la dernière année du gouvernement Wilson, à 3,3 milliards en 1922. Harding a aussi réduit les impôts.

Nos amis keynésiens et les partis d’opposition à Ottawa vont dire que ce n’est pas du tout ce qu’un gouvernement devrait faire pour relancer l’économie. Mais c’est pourtant précisément ce qui est arrivé. Dès la fin de 1921, l’économie avait repris de la vigueur et a en croissance pendant le reste de la décennie. Le chômage est rapidement descendu à 2,4% en 1922.

Qu’en est-il de la Grande Dépression? Beaucoup de gens pensent que c’est le New Deal du président Roosevelt qui a mis fin à la crise. Mais ce n’est pas du tout ce qui est arrivé. Malgré toutes les nouvelles dépenses et les nouveaux programmes du New Deal, la Dépression s’est poursuivie année après année.

En 1939, le secrétaire au Trésor de Roosevelt, Henry Morgenthau, a fait cet aveu surprenant :  » Nous avons essayé de régler le problème en dépensant de l’argent. Nous dépensons plus que nous avons jamais dépensé auparavant et ça ne fonctionne pas. Huit ans après l’entrée en fonction de ce gouvernement, nous avons autant de chômage que lorsque nous sommes arrivés. et une énorme dette par-dessus le marché!  »

On entend également souvent dire que c’est la Deuxième Guerre mondiale qui a mis fin à la Dépression. Ce n’est pas non plus ce qui est arrivé. Le chômage a certainement reculé, parce que des millions d’hommes ont été conscrits et envoyés au front. Mais la situation ne s’est pas améliorée pour l’Américain moyen. La plupart des produits de consommation de base étaient rationnés pendant la guerre. Il n’y a pratiquement pas eu de construction.

La Dépression a en fait pris fin après la guerre. C’est à ce moment que les dépenses du gouvernement ont chuté de façon draconienne. Le budget est passé de 92 milliards de dollars en 1945 à 29 milliards en 1948. Ça signifie une réduction de plus des deux tiers!

La prospérité d’après-guerre a débuté à ce moment-là. La société de consommation telle qu’on la connaît, où une famille moyenne a les moyens de se payer un frigidaire, une voiture, une maison, date de cette époque.

Encore une fois, si on suit la logique keynésienne, ce n’est pas comme ça que ça aurait dû se passer. En faisant toutes ces compressions budgétaires, le gouvernement a réduit la demande globale. L’économie aurait dû s’effondrer. Mais il faut voir les choses d’une autre perspective : le gouvernement a libéré des ressources qui sont devenues disponibles pour le secteur privé. C’est pour ça que l’économie a repris le chemin de la croissance.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on ne verra pas beaucoup de croissance.

Pour relancer l’économie, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif.

Cela signifie, en premier lieu, de contenir les dépenses. C’est ce que fait notre gouvernement, avec un plan clair pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2015. Dans le prochain budget, notre gouvernement annoncera des compressions de 5 à 10% dans les dépenses d’opération de l’État. Voilà une façon concrète de cesser de concurrencer le secteur privé.

Nous devons également réduire les impôts. Depuis le 1er janvier, l’impôt sur les sociétés au Canada est passé à 15% le plus bas niveau parmi les pays du G7. Il était à 22% quand nous sommes arrivés au pouvoir il y a six ans. Voilà une façon concrète de rendre les ressources disponibles pour le secteur privé.

Nous avons besoin de plus de libre-échange. Notre gouvernement a annoncé des accords de libre-échange avec 11 pays jusqu’à maintenant. Nous sommes toujours en train de négocier avec plusieurs autres. Nous espérons pouvoir annoncer bientôt une entente très importante avec l’Union européenne. Voilà une façon concrète d’élargir les marchés et les opportunités qui s’offrent au secteur privé.

Enfin, il nous faut moins de réglementation. La paperasse inutile est une taxe cachée sur le travail des entrepreneurs qui touchent surtout ceux qui sont le moins capables de la supporter : les petites entreprises. La paperasse inutile ralentit la croissance économique et la création d’emploi, diminue la productivité et a potentiellement pour effet d’écraser l’esprit d’entreprise des Canadiens.

Le 18 janvier dernier, j’ai dévoilé le rapport de la Commission sur la réduction de la paperasse. Il contient 90 recommandations à court terme pour se débarrasser des irritants réglementaires. Et 15 recommandations à long terme pour éviter que la paperasse se remettre à augmenter encore une fois. Voilà une façon concrète de libérer les énergies du secteur privé.

Il est impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques, plus de dettes, et plus de taxes et d’impôt. Ça, c’est la solution keynésienne. C’est ce que l’opposition à Ottawa n’arrête pas de demander. Leur seule solution pour n’importe quel problème, c’est plus de dépenses, plus de taxes, plus de stimulus artificiel et plus de dettes. Ils ne se rendent pas compte que trop de stimulus agit comme un sédatif économique plutôt que comme un stimulant. On ne peut pas retrouver le chemin de la prospérité simplement en dépensant toujours plus.

Les solutions keynésiennes ont échoué. Ce qu’il nous faut, c’est une approche conservatrice, qui met l’accent sur le rôle primordial du secteur privé pour créer de la richesse et soutenir la croissance économique.

La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise.

Merci.

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19 commentaires à “Comment sortir de la crise économique”

  1. Tristan Morelli dit:

    Pas un journaliste montréalais n’a le bagage et les connaissances pour écrire un tel livre. Ils se permettent pourtant à peu près tous de sous-entendre que Maxime Bernier est un idiot, quand ils ne le disent pas ouvertement. C’est pas un peu ironique quand même? ;)

  2. Clown Party dit:

    Wow, is all I can say. I love your insight and it makes sense to me.

    I think that is what the present government wants to do … though they do not have the courage to cut big expendutures like the CBC. Canadians seem ready to support them in cutting the excess wages of « some » government employees and stimulate the small business by tax cuts – so they can reinvest in the economy as a whole. Again, thank you for this post.

  3. Maryse Lafleur dit:

    Livre? Quel livre? « J’ai présenté ce discours le 3 février dernier en anglais devant la Chambre de commerce de Toronto. » Une lecture incomplète dès la première phrase? Ironique tout de même … :D

  4. Mathieu Pilote dit:

    Ça tombe sous le sens vu sous cet angle mais pourquoi personne ne présente ça sous cet angle ? Je suis pour votre approche M.Bernier mais dans un élan de vouloir bien faire et de déréglementer, il ne faudrait pas faire la même erreur que Wall Street a fait et laisser les marchés et les banques sans règles aucunes ce qui on l’a vu mène au chaos comme en 2008 et en 1929 ….. La déréglementation n’a pas que du bon!

  5. Albert Martel dit:

    Diminuer les impôts aux petites, moyennes ou grosses entreprises afin de favoriser l’investissement et la création d’emplois, c’est beau sur papier. Mais en réalité, les entreprises sont frileuses et engrangent le peu d’argent disponible avec le résultat qu’elles sont les seules à en profiter.

  6. jckirlan dit:

    God bless Maxime Bernier. Hopefully the next leader of the CPC.

  7. old white guy dit:

    i agree with what you are saying. my understanding of keynes was that the spending was to be done during a downturn and repaid when the economy rebounded. the spending and borrowing was not supposed to be constant.

  8. LYLE dit:

    Quel texte brillant! Pourquoi au Québec nos politiciens n’adoptent pas une autre école de pensée que la Keynesienne? On s’engouffre toujours de plus en plus et on ne change pas nos manières d’opérer. J’pense que le vrai problème c’est l’ignorance de bon nombre de Québécois, il faut faire une éducation populaire en matière d’économie. Ça devient trop facile pour la gauche adepte de l’école de pensée de Keyne de démoniser le premier ministre Harper.

  9. brad maynard dit:

    if you ran on this platform for leader of the party, there is no doubt in my mind that i would support you. however, we have heard this dog and pony show before from others. i want to believe mr bernier, so i beg you to make me a believer.
    the major flaw of neo-keynsianism is taking place right now. the 70s saw stagflation, a phenomenon that couldnt happen under keynes theory (high inflation coupled with high unemployment). the phillips curve model used couldn’t reconcile the two happening at the same time. only ludwig von mises was able to perfectly explain why liquidity injection amounted to pushing on a string (otherwise known as the liquidity trap). it is happening as we speak today with oil prices way up despite growing inventories, gold and silver on the rise, stock market on the rise despite questionable fundamentals (most profits are a result of inflation and nothing more), all while unemployment and under-employment continue to stagnate.
    we have to first recognize the importance of sound money and institute it before we fix anything else, otherwise any and all fiscal policies will fail and merely produce the next great bubble.

  10. Peter dit:

    program spending under the Conervative gov’t has increased far beyond any causes of the 2008 crisis in housing. I like what you say Max, but that isn’t what you ahve been doing.

  11. Hugo dit:

    Mathieu Pilote a dit :
    « il ne faudrait pas faire la même erreur que Wall Street a fait et laisser les marchés et les banques sans règles aucunes ce qui on l’a vu mène au chaos comme en 2008 et en 1929 ….. La déréglementation n’a pas que du bon! »

    Quelle déréglementation Mathieu? Je sais que c’est un discours à la mode chez la gauche québécoise, sauf qu’il y a un problème : C’EST FAUX!

    À part la suppression du Glass-Steagall Act de 1933, il n’y a eu aucune déréglementation importante dans le secteur bancaire aux É.-U. qui pourrait justifier la crise de 2008. Puis en 1929, c’est l’augmentation de la masse monétaire par la Fed (une création du gouvernement) qui a causé la crise, et les interventions multiples de Hoover et Roosevelt dans l’économie qui ont causé la Grande Dépression.

    En fait, s’il y a un secteur où il y a plus de réglementations aux É.-U. qu’au Canada, c’est bien dans le secteur bancaire. Si le Canada a été moins touché jusqu’à maintenant, c’est grâce à un système bancaire beaucoup moins réglementé.

    Merci M. Bernier pour votre texte, même si je ne suis pas d’accord avec le mini plan de relance (stimulus) de votre gouvernement!

  12. Mark Pascoal dit:

    Very good article. Its nice to see someone in parliament criticize the flawed economic logic of the keynesians.

  13. Olivier Archambault dit:

    Vincent Brousseau-Pouliot
    La Presse

    Alors que le gouvernement Harper s’apprêterait à faire d’importantes réductions de dépenses, son ministre Maxime Bernier a pris la plume cette semaine dans le National Post pour réfuter les théories économiques de John Maynard Keynes selon lesquelles l’État doit augmenter ses dépenses pour combattre une récession.

    Le ministre Bernier a droit à ses opinions, mais ses généralisations à l’emporte-pièce et ses omissions factuelles sont gênantes pour un ministre assigné à un portefeuille économique (Petites entreprises et Tourisme).

    Selon Maxime Bernier, la Grande Dépression a pris fin avec la Deuxième Guerre mondiale et non avec le New Deal. Pour justifier son affirmation, Maxime Bernier s’appuie notamment sur une déclaration de Henry Morgenthau, secrétaire au Trésor de l’administration Roosevelt, en 1939: «Nous avons dépensé plus d’argent que jamais auparavant et ça n’a pas marché.» Dans son raccourci intellectuel, Maxime Bernier oublie un détail: Henry Morgenthau a finalement convaincu son patron de couper dans les dépenses gouvernementales en 1937 (-17% du budget en deux ans). Avec comme résultat une nouvelle récession en 1937-38 durant laquelle le taux de chômage est passé de 14,3% à 19,0%.

    Autre exemple cité par Maxime Bernier dans sa «leçon» d’économie: la prospérité américaine d’après-guerre aurait commencé après que le gouvernement eut réduit ses dépenses des deux tiers entre 1945 et 1948. Bien sûr que la guerre étant terminée, l’État pouvait reprendre sa taille normale dans l’économie! Malheureusement pour la théorie de Maxime Bernier, le budget fédéral américain est simplement revenu en 1948 au même niveau qu’en 1940. Et le ministre Bernier oublie de mentionner que durant ces trois années de compressions budgétaires, le pays a subi une sévère récession (-12% du PIB entre 1945 et 1948).

    Finalement, le ministre Bernier se moque des keynésiens en citant l’exemple du Japon, qui a vu sa dette passer de 68% de son PIB en 1990 à 225% actuellement. «S’il fallait en croire les keynésiens, le Japon serait le pays avec la plus importante croissance économique», écrit-il. Le ministre Bernier prend le problème à l’envers. Si le ratio dette/PIB du Japon a tant augmenté, c’est en raison de déséquilibres sur plusieurs marchés (ex: taux de change, immobilier) qui ont entraîné une croissance économique anémique. Les dépenses gouvernementales (en% du PIB) et le fardeau fiscal ont été moins élevés au Japon qu’au Canada à chaque année depuis 1990. Le Japon a un problème d’endettement, mais ça n’a rien à voir avec Keynes puisque le gouvernement japonais dépense moins que celui dont fait partie Maxime Bernier.

    Comme plusieurs des détracteurs de Keynes, Maxime Bernier n’a retenu qu’une partie de ses enseignements. Selon le père de l’interventionnisme, l’État doit augmenter son rôle dans certaines circonstances quand l’économie va mal, pour le réduire graduellement quand elle reprend du mieux. Un exemple récent: le Plan d’action économique du gouvernement Harper. Un peu de rigueur intellectuelle, monsieur le ministre!

  14. Eric Lavoie dit:

    En reponse a l’article mythologique de la presse qui se veut une replique intelligente, maus qui ne tient pas la route, Jeynes ne tiens pas la route point a ligne.
    Le mythe sur la recesdion de 1937;
    Extrait de http://mises.org/daily/4039

    Myth 1: Deficit Spending

    That the deficit of 1937 was smaller than that of 1936 is undeniable. In 1937 the deficit stood at $2.2 billion, as compared to a deficit of $4.3 billion in 1936. However, it is also noteworthy that, while the deficit was half as much as that of the previous year, total government outlays decreased from $8.2 billion to only $7.6 billion.[4]

    Interestingly, during 1935 — a year considered one of recovery — total government outlays measured $6.4 billion, less than during both 1936 and 1937. In fact, looking back to the years from 1933 to 1935, government spending peaked at $6.5 billion in 1934. It suffices to say that explaining Roosevelt’s recession by pointing at a decrease in government spending is severely dishonest.

    It is not much more useful to look at deficit spending. True, deficit spending in 1937 was at its lowest since 1933, but it is worth mentioning that in 1938 — the same year as the economy rebounded from the 1937 dip — total government deficit spending amounted to only $89 million.

    But wait, if government spending did not decrease by much in 1937, then how did the government avoid large deficits? Government receipts — money received through taxes — increased from $3.9 to $5.4 billion between 1936 and 1937. In other words, high government spending did not result in a high annual deficit because the government collected a far greater amount of tax money that year than in all previous years of the Great Depression. It is unsurprising that in 1938, government receipts increased to $6.75 billion.

    Finally, while government spending did decrease between 1936 and 1937, total expenditure in 1937 was still greater than all years prior to 1936. If a contractionary fiscal policy led to a recession in 1937, how did less spending cause recovery only a few years earlier? This inchoate theory does not hold water.

    Myth 2: Tight Credit

    Blaming cyclical fluctuations on tight monetary policies has been a favorite pastime ever since Milton Friedman and Anna Schwartz’s extensive, albeit heavily flawed, monetary history of the Great Depression.[5] Why such a terrible depression in 1929? Restrictive monetary policy![6] Why the recession of 1937? Restrictive monetary policy, of course!

    The 1937 recession came with a contraction in the money supply. The reasons for this contraction is that the Federal Reserve raised the reserve ratio in the previous months.[7] However, his explanation of the contraction is unsatisfying, because the volume of loans made and securities sold continued to rise despite the increase in the required reserve ratio. It was only after the initial fall in the stock market that bank lending began to tighten.[8]

    A more plausible explanation behind the contraction of the money supply is a tightening in lending and a decrease in borrowing due to an increase in entrepreneurial uncertainty, given the drop in the stock market’s value and the growing disproportion between real wages and productivity. The fall in the supply of money was a result of the 1937 recession, not vice versa.[9]

    If anything, a loose monetary policy preceding the recession was more at fault than the Federal Reserve’s ineffective attempt to lower excess reserves by raising the reserve ratio.

    Causes of Roosevelt’s Recession of 1937

    If it was not tight credit or low government spending, then what caused the 1937 downturn? Three main factors stand out:

    An inflow of gold from Europe and an artificial increase in the dollar-gold exchange ratio caused inflation.

    Meanwhile, government’s union and wage policies maintained high real wages in the face of stagnating productivity.

    Finally, heavy government regulation made the stock market extremely volatile and susceptible to otherwise minor changes.

    The years 1933–1936 saw an expansionary monetary policy pushed by the Federal Reserve and the federal government.[10] Within that time period, the stock of money increased by 46% and the general price level by 31%.[11] While the Federal Reserve’s rediscount rate remained at 3.5% for the majority of that time,[12] the greatest monetary inflation came as a result of the inflow of gold from Europe.

    Regime uncertainty in Europe, largely as a result of the rise of Adolph Hitler in Germany, caused an influx of gold into the United States. In 1934, the government increased the price of gold from $20.67 to $35 per ounce. Banks holding this increased stock of gold were therefore keen on exchanging it for dollars, leading to a substantial increase in the money base.[13]

    Ricardo Effect: the tendency for entrepreneurs to replace labor with capital-goods while the productive structure lengthens due to increases in real wages.
    We know from Austrian business-cycle theory that increases in the supply of money will lead to shifts in the structure of production.[14] This means that there will be a shift toward the production of capital goods, as they seem advantageous while the interest rate — the cost to borrow capital — is low.[15] This occurs because lower interest rates imply that the share of profits made from investments in capital goods will increase, given that the cost of borrowing the necessary capital is decreased.[16]

    The result is widespread malinvestment, as the decrease in the rate of interest was not preceded by a necessary increase in the volume of voluntary savings. Such was the result of the artificial increase in the price of gold in 1934. It comes as little surprise that between 1935 and 1936 there was a sudden illusionary boom in productivity.[17]

    Although real wages decreased at first, by 1937 they rose by 11.6%. It is no mere coincidence that around that time the Supreme Court upheld the Social Security Act, the Wagner Act, and the National Labor Relations Act of 1935. The result of these decisions was an increase in the power of unions to coerce firms to raise wages and benefits.[18] Fringe benefits — supplements to standard wages — rose from 1.4% in 1935 to 4.2% in 1937. Accounting for the majority of the rise in cost of supplements was the required employers’ contributions toward social insurance, which by 1938 rose from 25 to 71% of the total cost of the supplements.[19]

    It is also important to consider Friedrich Hayek’s « Ricardo Effect » theory. This is the tendency for entrepreneurs to replace labor with capital-goods while the productive structure lengthens due to increases in real wages.[20] The period between 1935 and 1936, as previously explained, saw an economic boom, a lengthening of the productive structure. But union activity largely disallowed entrepreneurs from replacing labor with capital goods, while real wages were rising astronomically.[21]

    All that was necessary was a catalyst to bring about a slowing in the pace of credit expansion. This was provided by the stock market. Heavy regulation in the years leading up to 1937, including heavy taxes and legal impediments on inside trading, reduced incentives to invest in the market.

    The result was a stock market in which a large proportion of shares were held by a relatively small pool of investors. This naturally « thinned » the markets, meaning that minor changes relating to buying and selling could reflect dramatically on the prices of individual stocks.[22] Regime uncertainty caused by increasing tax rates and several Supreme Court’s decisions led to volatile fluctuations in the stock market, as investors moved to sell their shares.

    The sudden drop in value of aggregate stock indexes led to more widespread uncertainty, causing a decrease in the volume of lending. This catalyzed a contraction in the credit markets. The widespread malinvestments which occurred in 1935 and 1936 began to reveal themselves. The 1937–1938 period, known as « Roosevelt’s Recession, » was therefore a necessary readjustment period after the boom of the period 1935–1936.

    More roundabout methods of production, or more capital-intensive entrepreneurial activities, were found to be less profitable than was earlier believed. Moreover, marginal profitability was undercut by the high cost of wages. The predictable result was an incredible drop in productivity and a rise in unemployment.

    $20 $17

    It is evident that the recession of 1937 was not a product of low government deficit spending or contractionary fiscal policy on the part of the Federal Reserve. It was, instead, a product of expansionary monetary policy and heavy government regulation.

    These are important lessons to learn, for we face a new period of recession and slow recovery. We should not be fooled into believing that the economy will crumble without high government spending and loose credit organization. The actual situation is far different. Indeed, high government spending and easy money will only increase malinvestments and forestall necessary readjustments, promising a decline in prosperity.

  15. Eric Lavoie dit:

    Bref bye bye Keynes, tu ne sort pas d’une dépression en utilisant les dépense d’état, tu le désengage et tu laisse plus de moyen a ceux qui ont du succès de reinvestir pour remplacer éventuellement ceux qui ce sont planter par leur incompétence.
    Quand tu met les moyens au main de l’etat tu met la decision a celui qui a le moins de competence pour trouver la croissance.

  16. Bernard Cormier dit:

    Bravo M. Bernier. Continuez votre beau travail. Les conservateurs vont finalement ramener le Canada sur le droit chemin après s’être écarté du centre vers la gauche extrême depuis quelques décennies.

  17. Alain Plouffe dit:

    Ce serait beaucoup trop long de réfuter vos arguments… Ils s’arrêtent là où ça fait votre affaire, me semble-t-il. Pour les néophytes, ça peut paraître sensé… L’erreur principale est de comparer les époques alors que les situations ne sont pas du tout les mêmes… Ça donne place à des interprétations erronées. Et à préconiser des politiques inefficaces. Personne ne peut affirmer que les politiques d’austérité européennes sont un succès actuellement…

  18. Joël Godin dit:

    Est-ce que c’est normal que l’écart entre les riches et les pauvres se creusent plus rapidement au Canada qu’aux États-Unis?

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2011/09/13/011-conference-board-ecarts-revenu-canada.shtml

    Joël Godin

  19. Mathieu Dufresne dit:

    I need to point out the fact that keynesianism is a travesty of Keynes ideas. It was in fact developped by John R. Hicks (The father of IS-LM model). The result has simply nothing to do with Keynes thought, since Hicks failed to understand the very basis of Keynes General Theory, namely the role of uncertainity (uncertainity isn’t risk) and expectations in the dynamics of a capitalist economy. Not knowing this, for an economist, is pure ignorance since Hicks himself admitted in 1981 he did fail to comprehend Keyes. The keynesianism is in fact closer to Walrasian vison of equilibrium than to Keynes vision which is more about disequilibrium.

    The best explanation for the current crisis is undoubtly the financial instability hypothesis from Hyman Minsky. What neoclassical and austrian fail to understand is the fact that a capitalist system isn’t simply a barter system where money only facilitate exchange. In fact, the simplistic vision that credit is simply a transfert of spending power from a creditor to a debtor is fundamentally flawed. What rea lly happens when a bank make a loan, it creates spending power which adds to aggregate demand, and as soon as u consider this mechanism, it becomes pretty easy to understand the dynamics involved in the cyclical nature of the economy. On that topic, a good reference to start from is the article from Steve Keen : The Roving Cavaliers of Credit.

    And by the way, the main reason why Canadian economy is doing « so well » in the present context is simply because his credit bubble didn’t burst yet, we didn’t started to deleverage.

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