Une réplique à Thomas Mulcair sur les sables bitumineux
La semaine dernière, le Financial Post a publié mon article critiquant les positions du chef de l’Opposition Thomas Mulcair sur les sables bitumineux et la soi-disant maladie hollandaise. La version française de l’article est reproduite ci-dessous, de même qu’une entrevue sur le même sujet avec Mario Dumont sur la chaîne de télévision V. MB
Les entrepreneurs assainiront les sables bitumineux
Maxime Bernier, ministre d’État (Petite Entreprise et Tourisme)
Financial Post, 28 juin 2012
Ceux qui s’opposent à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta nous disent depuis des années qu’il faut y mettre fin, en réduire l’ampleur, ou à tout le moins taxer fortement cette activité et la réglementer sévèrement de façon à en limiter les impacts sur l’environnement.
Selon une thèse plus récente, rendue populaire par le chef du NPD, Thomas Mulcair, les sables bitumineux ont provoqué le déclin des secteurs manufacturiers de l’Ontario et du Québec en poussant le dollar à la hausse -ce qu’on appelle le « mal hollandais ».
Ces critiques ont tort sur les deux points.
J’ai récemment eu l’occasion de visiter l’usine pilote nouvellement construite de Gradek Energy à Montréal, une petite entreprise fondée par un entrepreneur québécois, Thomas Gradek. M. Gradek est l’un des nombreux entrepreneurs et chercheurs à travers le pays qui sont en train de développer des solutions innovatrices pour régler les problèmes environnementaux provoqués par l’exploitation des sables bitumineux. M. Gradek a inventé une bille de polymère réutilisable qui permet de récupérer le bitume dans les bassins de décantation – ces lacs de déchets créés par le processus d’extraction – et d’y laisser de la matière organique inoffensive et de l’eau.
Le bitume récupéré peut être raffiné alors que la matière organique qui reste, qui ne contient plus de contaminants, peut être réintroduite dans l’environnement. Les minéraux utiles contenus dans les bassins de décantation peuvent aussi être récupérés. L’eau, qui compte pour 85% de la matière qui compose les bassins de décantation, peut être réutilisée dans le processus d’extraction. Comme elle est déjà chaude, cela entraîne aussi des économies d’énergie.
Gradek Energy traite en ce moment des déchets de Syncrude Canada. Au cours des dernières années, cette technologie a été testée et validée par plusieurs organisations, y compris dans des centres de recherche universitaires, des gouvernements et du secteur privé. M. Gradek a un plan crédible pour éliminer tous les bassins de décantation existants en Alberta sur une période de dix ans.
Ce type de technologie va transformer ce qui n’est pour le moment qu’une grande quantité de déchets, qui peuvent polluer le sol et l’eau et qui émettent d’importantes quantités de gaz à effet de serre, en matières utiles et en richesses. Les sables bitumineux vont ainsi graduellement devenir une ressource beaucoup plus verte. Contrairement à ce que prétend M. Mulcair, nous ne laisserons pas un fardeau environnemental aux générations futures.
Qu’en est-il du mal hollandais? La théorie elle-même n’est pas très logique. Dans une économie en constante évolution où tout est interdépendant, chaque activité à un effet sur la valeur du dollar et sur d’autres prix. Pourquoi donc s’attaquer aux sables bitumineux en particulier? L’industrie touristique fait elle aussi grimper le dollar lorsqu’elle attire plus de visiteurs étrangers au Canada. Le NPD a-t-il l’intention de repousser les touristes aux frontières parce qu’ils craignent que cela détruise quelques emplois manufacturiers?
Plus fondamentalement, un dollar fort n’est pas un désavantage mais entraîne plutôt des bénéfices pour l’économie. C’est pour cette raison qu’on le qualifie de « fort ». Un dollar fort est le résultat d’une production domestique efficace – incluant les exportations – et d’un climat d’investissement attrayant pour les entreprises étrangères.
Les préoccupations de M. Mulcair n’ont pas de raison d’être. Il y a plusieurs générations, le secteur agricole canadien employait énormément de main-d’ouvre. Aujourd’hui, grâce à une hausse de la productivité, les agriculteurs canadiens peuvent produire plus de nourriture à un coût moindre et avec moins d’employés. Le secteur manufacturier canadien connaît le même phénomène depuis quelques décennies.
Ce qui importe n’est pas que les conditions économiques du passé restent les mêmes. C’est que l’économie demeure suffisamment flexible pour s’adapter aux changements technologiques et à la demande des consommateurs, de façon à ce que les facteurs de production aillent aux activités les plus productives – celles qui créent le plus de prospérité – dans quelque secteur que ce soit. Et il n’y a pas de doute que les sables bitumineux génèrent un très grand nombre d’emplois et contribuent fortement à la croissance économique du Canada.
On a pu lire beaucoup de commentaires ces derniers temps sur le fait que le NPD est en train de se débarrasser de ses vieux réflexes socialistes et de moderniser son programme économique sous le leadership de M. Mulcair. Je souhaiterais que ce soit vrai, mais je ne vois rien qui permette de croire que c’est le cas. Le chef de l’Opposition est constamment en train de trouver des façons de miner la liberté économique et la créativité entrepreneuriale en proposant de nouvelles réglementations, des taxes plus lourdes, bref, les mêmes vieilles politiques interventionnistes.
Je devrais ajouter que le chef du NPD se trompe pour une autre raison. Il croit qu’il peut se faire du capital politique en soulevant de faux problèmes et en opposant les uns contre les autres les Canadiens de l’est et de l’ouest du pays. Ça ne fonctionnera pas.
Ne serait-il pas ironique de constater que c’est un entrepreneur du Québec qui aura finalement trouvé une solution innovatrice aux problèmes des bassins de décantation de l’Alberta? Cela prouverait une fois de plus que c’est la libre entreprise, l’esprit d’innovation et l’initiative individuelle – et non le dirigisme étatique – qui sont les meilleures façons de réconcilier les intérêts économiques de tous les Canadiens.
Vous pouvez ajouter un commentaire.
Well said Mr Bernier please keep up the good work, and provide this information to the CBC, CTV and Global: Let’s get this information out to the public and inform them (the Public) what benefits accrue to all parts of Canada.
Thanks for info…do you have twitter?
Heartily concur, well done!
Merci M. Bernier! Toujours aussi pertinent!
Malheureusement, lorsque vous parlez de prospérité, il s’agit d’un leurre. L’objectif de la prospérité constamment mis de l’avant par les conservateurs pour justifier leurs actions ne concerne que les élites, une infime minorité de possédants qui ne cessent d’accroitre leurs privilèges au détriment de la majorité qui ne cesse, elle, de s’appauvrir.
So you’ve found the magic bullet to solve all of those tailing pond woes. This reminds of : http://www.cbsnews.com/stories/2010/05/19/national/main6499351.shtml. BP loved it. It had everything, including a movie star. Someone (SEE Greg Palast, Vulture’s Picnic) did the math and found that, in that particular case it would take a little less than 25000 years to do the job.
Now, first of all, you say this Gradek process removes bitumen (and maybe some “valuable minerals”) leaving water and “inoffensive organic matter”. So what happened to contaminants, such as naphthenic acids, ammonia and mercury? Is this organic matter only “inoffensive” to the industry then? Of course it can be FOUND to be “inoffensive”, even if, say, it causes skin lesions after those nasty environmental regulations have been hamstrung by the C38 “budget” bill. And you do have an Environment minister who can’t spell “environment”. And what will you do with this “inoffensive| organic material”? Will you spread it and throw some grass seed on it? It will look nice. Will there be pony rides and ice cream? Either way it will NEVER be what it was.
Tell you what. You could demonstrate your faith in the process. Call a press conference at a tailing pond and drink some post-process water. You may not be the sharpest knife in the drawer but I doubt you are that dumb. Someone who does appear that dumb is Joe Oliver : http://www2.macleans.ca/2012/05/31/eau-de-tailing-pond/ so maybe you could take him along.
And TEN YEARS?? Is everyone to hold their breath while the stuff leaches into the water table over TEN YEARS??
Is that ten year estimate for what is there right now because there will be an estimated trillion (that’s with a “t”) gallons of the stuff by 2020. Can the process handle all that? I am also looking forward to the marvel of engineering that will clean up the Athabasca.
And lets be honest here. This process is not to clean up tailing ponds, it’s to recover material, bitumen and maybe some minerals, You can rewrite environmental law but you can’t change the laws of physics. This process will take energy and will be expensive unless they use solar in which case the irony will be crushing. It will never even take out 100% of those because it will cost a lot more to get the last 10% out than the first. They will give up before that.
This all begs the question. Why wasn’t this wonderful entreprenurial spirit applied so that there was no tailing pond contaminants in the first place instead of loading it up on the back end. Wait, I’ll answer that. It’s expensive and the industry won’t do anything they don’t HAVE to do if it effects the bottom line. In the very end the taxpayer will foot the bill. This was true in Alaska and in the Gulf.
As to the “Dutch Disease” issue, you seem to be ignorant as to both the cause and effect of a “strong” dollar. A strong dollar makes your goods relatively expensive and hurts exports. Any cross border shopper can tell you what it does to the tourist dollar. You say the dollar is “strong” because of “efficient domestic production” (where do you get this babble). What about money market speculation, interest rates, that we are yoked to the U.S. economy and the fact that the Harper Government bailed out the banks? (http://www.huffingtonpost.ca/2012/04/30/canada-bank-bailout-cost-ccpa_n_1464398.html) All that aside why did the Harper Government pay for research on “Dutch Disease” …PRE-Mulcair? http://www.cbc.ca/news/business/story/2012/05/18/pol-cp-dutch-disease-industry-canada-jpbs.html .
All this just so you can get a piece of the action shipping oil to support Chinese industry and jobs so that we can use our McJob incomes to buy more crap from Walmart. Well done sir Well done indeed.
I understand that you are even a climate change denier. Add to this an Environment minister who doesn’t believe in environment, a Science & Technology minister who doesn’t believe in evolution (he says its a religion thing; someone should tell the Pope http://www.msnbc.msn.com/id/19956961/ns/world_news-europe/t/pope-creation-vs-evolution-clash-absurdity/#.T_ckHOFwZTl ) and lets not forget Joe “drink the Kool-aid” Oliver and it makes me wonder. Doesn’t it make your knuckles hurt dragging them around on the ground like that?
(Repeating what I said earlier at FP). With this column, you’ve done a better job defining and de-constructing Mulcair and his BS than the rest of your party including that lame attack ad it released a while back. And that’s because Harper can’t communicate any better than he can balance a budget. Why is he in charge and not you again? Don’t say ‘briefs’ because I can say ‘F-35′.
Pat Hertel:
1) Could you please provide evidence of large-scale leaching of tailings ponds? I doub it.
2) Could you please try to become learned in economics as opposed to wailing about ‘Dutch Disease’ and ‘exporting jobs’ to China?
3) Could you please learn about the organisms that can break down napthelenic acids? Could you also learn the difference between deadly metallo-mercury and much less toxic methyl-mercury?
And you do have an Environment minister who can’t spell “environment”. And what will you do with this “inoffensive| organic material”? Will you spread it and throw some grass seed on it? It will look nice. Will there be pony rides and ice cream? Either way it will NEVER be what it was.
No it will be either the same or nicer. You see you are substituting your fantasy for reality here. You WANT the oilsands to be an environmental disaster no matter what the facts say.
Bonjour M. Bernier,
j’aimerais tellement vous croire. Il me semble que ça serait si simple. Une pastille magique qui nettoie tout. Comme les produits nettoyants qui tuent les germes… cependant, ils tuent mes mains et mon état de santé. Je reste très septique.
Merci quand même pour votre effort. Peut-être devriez-vous le mettre du »bon » côté.
Xavier Vivier Julien