Le blogue de Maxime Bernier http://www.maximebernier.com Député de Beauce Sun, 17 Mar 2013 21:04:20 +0000 fr hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.0.4 Comment propager les idées conservatrices http://www.maximebernier.com/2013/03/comment-propager-les-idees-conservatrices/ http://www.maximebernier.com/2013/03/comment-propager-les-idees-conservatrices/#comments Sun, 17 Mar 2013 20:47:24 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=3008 La semaine dernière, j’ai participé à la Manning Networking Conference à Ottawa. J’ai eu le plaisir d’y rencontrer l’un des plus grands défenseurs de la liberté et d’un gouvernement limité dans le monde, l’ex-représentant au Congrès Ron Paul, qui était le conférencier principal. J’ai également fait une présentation sur comment attirer de nouveaux supporters au Parti conservateur sur un panel en compagnie de mon collègue Jason Kenney (photo : Jake Wright). Le texte de mon discours est reproduit ci-dessous.

Comment propager les idées conservatrices

ron-paul-2013 Maxime Bernier

Manning Networking Conference 2013
8 mars 2013, Ottawa

Nous nous demandons sur ce panel aujourd’hui si le Parti conservateur fédéral a atteint son plafond de popularité. J’espère que non. Parce que si c’est le cas, il ne restera plus aucun conservateur au Québec lorsque nous serons à notre niveau plancher de popularité! Sauf dans ma circonscription de Beauce évidemment!

Donc, pour répondre à la question, comment pouvons-nous continuer d’attirer plus de supporters?

Dans une optique politique conventionnelle, la façon d’attirer plus de supporters est habituellement de se positionner plus au centre. Si vous êtes à droite par exemple, vous présumez que tous les électeurs qui partagent vos croyances et idées de droite vous appuient déjà. Si vous voulez plus d’appui, vous proposez des politiques un peu plus à gauche. Vous faites le contraire si vous êtes un parti de gauche.

C’est peut-être là une stratégie gagnante jusqu’à un certain point, dans certaines circonstances. En ce qui concerne par exemple les questions sociales ou morales, ou encore la politique étrangère. Il est évident qu’on doit être sensible à l’opinion de la majorité et chercher à atteindre un plus large consensus sur de telles questions.

08032013_min-bernier_mnc-2013_photo-par-jake-wright Mais pour ce qui est des questions économiques, je ne suis pas d’accord. Je pense qu’être plus conservateur sur les questions économiques est la meilleure façon de rendre notre économie plus dynamique, notre pays plus prospère, et ultimement d’augmenter notre appui chez les électeurs.

Il n’y a que deux voies à prendre sur cette question. Ou bien nous créons plus de programmes, nous augmentons les dépenses et les taxes – en bref, nous augmentons la taille de l’État. Ou bien nous faisons le contraire et nous réduisons la taille de l’État.

L’évolution de la taille de l’État

Partout dans le monde au 20e siècle, le rôle, la taille et les pouvoirs de l’État ont augmenté.

Prenez par exemple la mesure des dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, c’est-à-dire la portion de l’économie dans son ensemble contrôlée que les gouvernements. Dans les principaux pays du monde occidental, elle est passée d’environ 10 % il y a un siècle à plus de 40 % aujourd’hui.

Au Canada, les dépenses publiques ont atteint un niveau record de 53% du PIB au début des années 1990, ce qui nous plaçait dans la même ligue que des pays socialistes comme la France et les pays scandinaves. Heureusement, cette tendance a été renversée au cours des deux dernières décennies. Les dépenses publiques étaient redescendues à 40% du PIB en 2008.

C’est la principale raison, je crois, qui explique que le Canada a eu l’une des meilleures performances économiques des pays industrialisés depuis cette date. Et pourquoi nous avons traversé la crise dans une meilleure position que les autres.

Durant la crise cependant, l’État a recommencé à grossir. Si nous prenons uniquement les dépenses de programmes fédérales en proportion du PIB, celles-ci sont passées de 13% en 2006 à 16% en 2009. Depuis, elles diminuent graduellement. Si tout va comme prévu, elles devraient être redescendues à 13% en 2016.

Notez que ce n’est pas parce que les dépenses diminuent. Notre gouvernement a fait des compressions dans les dépenses, mais les dépenses de programmes totales vont en fait continuer d’augmenter au cours des prochaines années. Elles augmentent tout simplement moins vite que l’économie, ce qui explique pourquoi elles diminuent en proportion de l’économie.

Je crois que nous devrions être plus ambitieux. Nous devrions être plus conservateurs. Nous  devrions stopper la croissance de l’État en termes réels. L’État est déjà suffisamment gros.

Les avantages d’un plus petit gouvernement

Si nous observons les données disponibles, il est très clair qu’il n’y a que des avantages à avoir un plus petit gouvernement.

La plupart d’entre vous avez sans doute entendu parler du rapport annuel de l’Institut Fraser sur la liberté économique dans le monde. Ce rapport se penche sur plus de 20 composantes de la liberté économiques. Non seulement la taille de l’État, mais aussi d’autres composantes telles que la protection des droits de propriété et la liberté de commerce.

Les pays qui se situent dans le quartile supérieur de liberté économique avaient un PIB par habitant moyen de 38 000 $ en 2010, contre 5000 $ pour ceux du quartile inférieur.

Les 10 % les plus pauvres dans les pays les plus libres économiquement sont deux fois plus riches que les citoyens des pays les moins libres. Les pauvres bénéficient également de la liberté économique.

L’espérance de vie est de 80 ans dans le quartile supérieur, comparé à 62 ans dans le quartile inférieur. Les libertés politiques et civiles sont considérablement plus élevées dans les pays économiquement libres que dans les pays qui ne le sont pas.

La logique qui sous-tend les avantages d’un petit gouvernement est la suivante : l’État ne peut dépenser que des fonds qu’il a d’abord pris ailleurs dans l’économie réelle. Un gouvernement n’a rien à donner avant de l’avoir d’abord retiré à quelqu’un d’autre. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord soutiré des contribuables par des taxes et des impôts, ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. De plus, les bureaucraties utilisent les ressources moins efficacement que les entreprises privées, qui doivent rester concurrentielle pour être profitables et survivre. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on verra moins de croissance.

Une proposition de la Beauce

Que pouvons-nous faire, en tant que conservateurs, pour renverser cette tendance? Une façon de changer la nature du débat serait d’annoncer que l’État ne grossira plus.

En janvier dernier a eu lieu à Victoriaville le congrès de l’aile québécoise du Parti conservateur du Canada visant à adopter les résolutions des associations locales en vue du congrès national qui aura lieu en juin prochain à Calgary.

Parmi les résolutions adoptées par l’assemblée figure celle de l’association conservatrice de ma circonscription de Beauce, qui propose un gel des dépenses du gouvernement à 300 milliards de dollars partir du moment où l’équilibre budgétaire sera atteint en 2015-2016 et pour les quatre années subséquentes.

J’ai évidemment appuyé cette résolution de mes militants et j’espère qu’elle deviendra une politique officielle du parti au congrès national l’été prochain. Elle est semblable à une proposition que j’ai déjà faite dans un discours il y a trois ans.

Compte tenu de la croissance économique et de l’inflation, un gel des dépenses en dollars courants aurait pour effet de réduire autant le ratio des dépenses sur le PIB que les dépenses réelles en dollars constants.

Qu’implique un gel des dépenses?

Pensez à ce que signifierait un gel des dépenses. À partir de ce moment, toute décision du gouvernement doit être prise à l’intérieur de cette contrainte budgétaire. Chaque nouveau programme gouvernemental, ou augmentation d’un programme existant, doit être contrebalancé par une diminution ailleurs.

Cela signifie que nous n’avons plus de débats sur la générosité toujours plus grande du gouvernement envers tel ou tel groupe, comme si l’argent dépensé appartenait aux politiciens plutôt qu’aux contribuables.

Le centre d’intérêt du débat se déplace vers une détermination de ce que devraient être les priorités : Quelles sont les plus importantes fonctions que le gouvernement devrait accomplir avec l’argent qu’il a ? Cette fonction de l’État est- elle vraiment importantes et devrions-nous lui donner plus d’ampleur ? Si oui, que devons-nous faire moins ou cesser de faire pour laisser le libre marché, les organisations bénévoles ou les citoyens ordinaires s’en occuper ?

Il s’agirait de tout un changement, vous ne pensez pas ? Un tel engagement à maintenir une  « Croissance budgétaire Zéro » pourrait devenir un puissant symbole de conservatisme fiscal. Les conséquences seraient cependant beaucoup plus profondes.

Cela signifierait que chaque année, la taille relative du gouvernement diminuerait. Cela forcerait les politiciens, les bureaucrates, les lobbyistes, et tout le monde, à arrêter de croire qu’ils peuvent simplement s’accaparer vos salaires à leur profit. Et à cause de ces contraintes budgétaires, les Canadiens seraient beaucoup plus portés à nous croire quand nous disons que nous ne gaspillons pas leur argent.

Il existe un large appui au sein de la population pour ces principes en faveur d’un État plus modeste. Beaucoup de gens qui ne se considèrent pas nécessairement conservateurs et qui ne votent pas pour nous sont exaspérés par les excès de dépenses des gouvernements. Ils veulent payer moins d’impôts et ils veulent que leurs enfants ne soient pas endettés.

Je pense qu’une telle proposition serait également populaire au Québec. Une forte proportion de Québécois considèrent que le gouvernement fédéral est trop gros et intervient trop dans trop de domaines. C’est peut être parce qu’ils sont conservateurs ou parce qu’ils sont nationalistes, mais ils veulent un plus petit gouvernement à Ottawa.

Nous devons convaincre la population que nous n’avons pas simplement pour but de devenir de meilleurs gestionnaires d’un plus gros État ; nous voulons devenir de meilleurs gestionnaires d’un plus petit État. Nous pourrons obtenir plus d’appui en étant plus conservateurs sur les questions fiscales et en défendant les principes de la liberté et de la responsabilité individuelles, et d’un plus petit État.

Nous devons le faire parce que les Canadiens veulent payer moins d’impôts et garder plus d’argent dans leurs poches; parce qu’ils veulent aller aussi loin que leurs talents, leurs ambitions, leur créativité et leur sens du travail peuvent les mener; parce qu’en fin de compte, les Canadiens souhaitent plus de liberté économique et une société libre. En d’autres termes, chercher à limiter la taille de l’État est une noble entreprise. C’est un puissant message qui nous permettra d’aller chercher de nouveaux supporters.

Si nous faisons cela, et si nous nous assurons que le Canada devient un pays encore plus prospère, je peux vous dire que le Parti conservateur atteindra de nouveaux sommets de popularité! Merci.

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La Grande Traversée de la Beauce de Maxime Bernier http://www.maximebernier.com/2013/02/la-grande-traversee-de-la-beauce-de-maxime-bernier/ http://www.maximebernier.com/2013/02/la-grande-traversee-de-la-beauce-de-maxime-bernier/#comments Wed, 13 Feb 2013 01:14:12 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2981 Communiqué

La Grande Traversée de la Beauce de Maxime Bernier

Le député beauceron va courir 100 km pour amasser des fonds
au profit de La Fondation Moisson Beauce

dsc6478 Le 10 février 2013, Saint-Georges-de-Beauce – Le député de Beauce, Maxime Bernier, a annoncé qu’il traversera sa circonscription à la course du sud au nord le 28 septembre prochain dans le but d’amasser des fonds au profit de La Fondation Moisson Beauce.

« C’est un défi personnel que je voulais relever depuis quelques années. À cinquante ans, c’est le défi de ma vie. Cependant, le plus important pour moi, est de poser un geste concret pour aider le plus grand nombre de Beaucerons dans le besoin. »,  a expliqué le député beauceron, lors d’une conférence de presse en compagnie de Nicole Jacques, directrice générale de la banque alimentaire Moisson Beauce.

dsc6460 Un marathon comme celui de Montréal couvre une distance de 42 km.  Courir 100 km équivaut à plus de deux marathons consécutifs. Pour réussir cet exploit, Monsieur Bernier, qui pratique régulièrement la course à pied depuis des années, devra s’entraîner rigoureusement plusieurs fois par semaine au cours des huit prochains mois.

La banque alimentaire Moisson Beauce distribue de la nourriture et des produits d’hygiène à de plus en plus de Beaucerons ces dernières années. C’est plus de 9400 personnes par mois qui vivent une situation socio-économique difficile et qui reçoivent de l’aide alimentaire, dont plus de 30 % sont des enfants.

dsc6416 « Je me réjouis grandement de cette initiative de monsieur Bernier qui nous donnera un coup de pouce important afin de poursuivre notre mission, puisque la demande est sans cesse croissante. », a déclaré Mme Jacques.

La Grande Traversée de la Beauce de Maxime Bernier aura lieu le samedi 28 septembre 2013. Elle débutera à 5h00 du matin à Saint-Ludger, municipalité la plus au sud de la circonscription, pour se terminer à Saint-Bernard.

Maxime tentera de parcourir les 100 km qui séparent les deux municipalités en un maximum de douze heures.

dsc6448 Les individus et entreprises, de partout au Canada, qui désirent appuyer cette cause pourront « acheter des kilomètres » de la Grande Traversée de la Beauce au coût de 10 $ par kilomètre. M. Bernier vise à amasser de cette façon au moins 50 000 $.

« J’invite tous les Beaucerons, et tous mes amis de partout au Canada, à faire preuve de solidarité avec ceux qui sont dans le besoin et qui cherchent à s’en sortir, en m’achetant des kilomètres. J’invite également ceux qui seront sur place à venir courir à mes côtés le 28 septembre prochain. J’aurai besoin de vos encouragements pour terminer la course! », a conclu Maxime Bernier.

Les donateurs qui le souhaitent pourront aussi accompagner le député beauceron pendant la partie du trajet qu’ils auront « achetée ». Pour faire un don et obtenir davantage d’informations sur le 100 km de Maxime visitez les sites : www.moissonbeauce.qc.ca/ et www.grandetraverseemaximebernier.com

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(Photos : Yvon Thibodeau)

Informations :
Communications Christian Richard Inc.
514 386-8243
info@communicationschristianrichard.com

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Gel des dépenses et taux d’imposition unique http://www.maximebernier.com/2013/02/gel-des-depenses-et-taux-d%e2%80%99imposition-unique/ http://www.maximebernier.com/2013/02/gel-des-depenses-et-taux-d%e2%80%99imposition-unique/#comments Tue, 05 Feb 2013 01:43:18 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2960 cpc-logo La semaine dernière a eu lieu à Victoriaville le congrès de l’aile québécoise du Parti conservateur du Canada visant à adopter les résolutions des associations locales en vue du congrès national qui aura lieu en juin prochain à Calgary.

Parmi les résolutions adoptées par l’assemblée figure celle de l’association conservatrice de ma circonscription de Beauce, qui propose un gel des dépenses du gouvernement à partir du moment où l’équilibre budgétaire sera atteint en 2015-2016. J’ai évidemment appuyé cette résolution de mes militants, qui ressemble à une proposition que j’ai déjà faite dans un discours il y a trois ans. J’espère qu’elle deviendra une politique officielle du parti au congrès national l’été prochain.

Voici le texte de la résolution :

ATTENDU QUE les dépenses fédérales ont fortement augmenté depuis les années 1960;

ATTENDU QU’il faut réduire les dépenses si l’on veut ramener l’État fédéral à une taille compatible avec la prospérité économique, le fédéralisme et la liberté individuelle;

ATTENDU QU’il faut réduire les dépenses afin d’être en mesure de réduire le fardeau fiscal des Canadiens;

ATTENDU QUE le gouvernement conservateur a commencé à réduire les dépenses fédérales;

ATTENDU QUE le budget de mars 2012 prévoit que, au cours de l’exercice actuel et des quatre prochains exercices, les dépenses fédérales continueront à diminuer autant en proportion du PIB qu’en proportion de la population;

ATTENDU QU’il faut continuer dans cette voie après l’attente de l’équilibre budgétaire prévue pour 2015-2016 par le budget de mars 2012;

ATTENDU QUE, étant donné la croissance économique et l’inflation, un plafonnement des dépenses en dollars courants aurait pour effet de réduire et le ratio des dépenses au PIB et leur valeur réelle (en dollars constants);

IL EST PROPOSÉ QUE

1. Jusqu’à l’atteinte de l’équilibre budgétaire (prévu pour 2015-2016), le gouvernement respecte les objectifs de réduction des dépenses fixés dans le budget de mars 2012;

2. Le gouvernement gèle ses dépenses budgétaire à 300 milliards de dollars dans l’année qui suivra l’attente de l’équilibre budgétaire, c’est-à-dire que durant l’exercice financier 2016-2017 (le montant de 300 milliards de dollars correspond au montant approximatif qu’elles auront alors atteint si les prévisions du budget de mars se réalisent, en comparaison de quelque 276 milliards de dollars pour l’exercice financier actuel);

3. Qu’à partir de cet exercice financier (2016-2017) et pour les quatre années qui suivent (donc jusqu’en 2020-2021), le gouvernement fédéral gèle ses dépenses à 300 milliards de dollars en dollars courants.

J’ai également fait une courte déclaration pour appuyer une résolution des militants de Brossard-La Prairie et de Mont-Royal en faveur de la mise en place d’un impôt à taux unique. J’ai publié un petit livre sur cette question il y a plusieurs années. Cette résolution a elle aussi été adoptée par les délégués conservateurs du Québec et sera débattue en juin.

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Discours : Les avantages d’un petit gouvernement http://www.maximebernier.com/2012/12/discours-les-avantages-d%e2%80%99un-petit-gouvernement/ http://www.maximebernier.com/2012/12/discours-les-avantages-d%e2%80%99un-petit-gouvernement/#comments Mon, 24 Dec 2012 18:40:56 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2954 Voici la version originale d’un discours que j’ai présenté plus tôt ce mois-ci à l’université Carleton, dans le cadre de la seconde édition de la Conférence sur l’innovation au sein du gouvernement (Government Innovation Conference) organisée par le Municipal Taxpayer Advocacy Group. Sur la photo, je suis avec Ade Olumide, président du MTAG.

min-bernier_ade-olumide-pres-of-ottawa-taxpayers Les avantages d’un petit gouvernement

Maxime Bernier

3 décembre 2012, Ottawa

En tant que député du Parti conservateur, je suis souvent étiqueté comme un politicien de droite. Selon les catégories idéologiques conventionnelles, c’est ce qui distinguerait les conservateurs des libéraux, qui eux seraient plutôt centristes, et des néo-démocrates ou des bloquistes, qui eux seraient à gauche de l’échiquier politique.

Je n’ai jamais aimé ce genre de distinction, qui selon moi ne veut pas dire grand-chose de bien précis.

Je préfère utiliser un autre critère plus précis pour définir ma position : lorsqu’on est confronté à un problème, est-ce qu’il faut que le gouvernement intervienne ou qu’il laisse les individus collaborer entre eux pour trouver une solution? Devrait-on avoir un plus gros gouvernement avec moins de liberté, ou un plus petit gouvernement avec plus de liberté?

Ma réponse est qu’il faut avoir un plus petit gouvernement avec plus de liberté. Le gouvernement devrait intervenir moins et chaque fois que c’est possible, il faudrait s’en remettre au libre marché et à l’initiative individuelle au lieu d’imposer de nouvelles règles.

J’ai du respect et de l’admiration pour des politiciens considérés comme étant à droite, comme Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont réussi à diminuer l’intervention de l’État dans certains domaines.

Mais j’en ai aussi pour des politiciens considérés comme étant à gauche, qui ont fait la même chose. Bill Clinton par exemple, qui a radicalement réformé l’aide sociale, réduit les dépenses et éliminé le déficit du gouvernement américain.

Tout de même, je suis membre du Parti conservateur parce que cela fait partie de la philosophie conservatrice de comprendre les avantages d’un petit gouvernement.

Pour nous, conservateurs, au contraire, le gouvernement devrait idéalement établir et appliquer les règles fondamentales de la vie en société. Puis, il devrait laisser les individus libres de coopérer entre eux pour répondre à leurs besoins. L’État ne devrait pas intervenir pour tenter de régler tous les problèmes, dans le but d’imposer une vision utopique et irréaliste de la société.

Pour paraphraser John F. Kennedy dans une perspective conservatrice : ne demandez pas à votre gouvernement ce qu’il peut faire pour vous ; demander à votre gouvernement de s’enlever du chemin, de façon à vous laisser libre d’assumer vos responsabilités envers vous-mêmes, envers votre famille, et envers tous ceux qui vous sont chers.

Les bonnes actions gouvernementales sont celles qui laissent aux individus l’opportunité de rêver et de réaliser leurs rêves ; elles n’imposent pas à tous les rêves de certains. C’est pour défendre de telles mesures que j’ai décidé de faire de la politique.

LES PREUVES

Plus spécifiquement, si nous examinons les données disponibles, quels sont les avantages d’un plus petit gouvernement? Je pense que les preuves sont très claires.

La plupart d’entre vous avez sans doute entendu parler du rapport annuel de l’Institut Fraser sur la liberté économique dans le monde. Ce rapport se penche sur plus de 20 composantes de la liberté économiques. Non seulement la taille de l’État, mais aussi d’autres composantes telles que la protection des droits de propriété et la liberté de commerce.

Les pays qui se situent dans le quartile supérieur de liberté économique avaient un PIB par habitant moyen de 37 691 $ en 2010, contre 5188 $ pour ceux du quartile inférieur.

Dans le quartile supérieur, le revenu moyen des 10% des citoyens les plus pauvres était de 11 382 $, contre 1209 $ pour ceux du quartile inférieur. Notez bien cela : les 10% les plus pauvres dans les pays les plus libres économiquement sont deux fois plus riches que les citoyens des pays les moins libres. Les pauvres bénéficient également de la liberté économique.

Il y a de nombreux autres avantages à vivre dans un pays économiquement libre avec un petit gouvernement. L’espérance de vie est de 79,5 ans dans le quartile supérieur, comparé à 61,6 ans dans le quartile inférieur. Les libertés politiques et civiles sont considérablement plus élevées dans les pays économiquement libres que dans les pays qui ne le sont pas.

Le Canada a amélioré sa position dans ce classement au cours des dernières années et est maintenant en cinquième position. Les États-Unis, où le gouvernement n’arrête pas de grossir, ont reculé à la 18e place.

Une autre étude récente d’un think tank britannique, le Centre for Policy Studies, s’est penchée sur l’effet de la taille de l’État sur la croissance et sur d’autres résultats dans les pays développés.

L’étude a observé que pour la période allant de 1965 à 2010, un ratio plus élevé de l’impôt sur le PIB avait un effet négatif statistiquement significatif sur la croissance. Par exemple, une augmentation de 10 points de pourcentage du ratio de l’impôt sur le PIB entraînait une diminution de 1,2 point de pourcentage de la croissance annuelle du PIB par habitant.

Un effet négatif similaire a été observé avec le ratio des dépenses sur le PIB. Entre 2003 et 2012, la croissance réelle du PIB a été de 3,1% pour les pays avec un petit gouvernement, comparé à 2,0% pour les pays avec un gros gouvernement.

Dans cette étude, on définit comme un petit gouvernement un gouvernement dont les dépenses et les recettes sont inférieures à 40% du PIB. Je ne suis pas certain que je qualifierais cela de « petit » gouvernement! Il n’y aurait toutefois eu aucun pays dans cette catégorie si on avait plutôt pris comme critère « dépenses et recettes inférieures à 10% du PIB ». Environ 10% du PIB : c’est cette taille qu’avait l’État dans les pays développés de l’Occident comme le Canada il y a un siècle. Cela vous montre à quel point l’État a grossi et est devenu gigantesque au cours du 20e siècle.

LA LOGIQUE QUI SOUS-TEND UN PETIT GOUVERNEMENT

La logique qui sous-tend les avantages d’un petit gouvernement est la suivante : l’État ne peut dépenser que des fonds qu’il a d’abord pris ailleurs dans l’économie réelle. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord retiré du secteur privé par des taxes et des impôts; ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu’un, c’est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation de la demande globale. Aucune création de richesse.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l’argent au gouvernement auront moins d’argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Ou bien, ils auront moins d’argent à dépenser ou à investir ailleurs. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation dans la demande globale. Aucune création de richesse.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. De plus, les bureaucraties utilisent les ressources moins efficacement que les entreprises privées, qui doivent rester concurrentielle pour être profitables et survivre. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on verra moins de croissance.

CE QU’A FAIT NOTRE GOUVERNEMENT

C’est pourquoi pour s’assurer d’avoir une économie qui croît, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif.

Cela signifie, en premier lieu, de contenir les dépenses. Dans notre Plan d’action économique 2012, nous avons procédé à un examen exhaustif d’environ 75 milliards de dollars de dépenses de programmes directes par les ministères et les agences du gouvernement.

Cet examen a identifié un certain nombre de façons de dépenser plus efficacement l’argent des contribuables, ce qui a permis de réaliser des économies de 5,2 milliards de dollars.

Les dépenses du gouvernement devraient diminuer de façon soutenue en proportion de l’économie au cours des quatre prochaines années, pour revenir au niveau d’avant la récession.

Nous devons également réduire les impôts. L’impôt sur les sociétés est maintenant à 15%, le plus bas niveau parmi les pays du G7. Il était à 22% quand nous sommes arrivés au pouvoir il y a six ans. Voilà une façon concrète de rendre les ressources disponibles pour le secteur privé.

Nous avons besoin de plus de libre-échange. Cela aussi est une caractéristique d’un petit gouvernement. Ça signifie des tarifs douaniers moins élevés, moins de quotas, moins de réglementation, moins d’obstacles pour les entreprises et les consommateurs.

Notre gouvernement a annoncé des accords de libre-échange avec neuf pays jusqu’à maintenant. Nous sommes toujours en train de négocier avec plusieurs autres. Nous espérons pouvoir annoncer bientôt une entente très importante avec l’Union européenne.

Enfin, il nous faut moins de réglementation. La paperasse inutile est une taxe cachée sur le travail des entrepreneurs qui touchent surtout ceux qui sont le moins capables de la supporter : les petites entreprises. La paperasse inutile ralentit la croissance économique et la création d’emploi, diminue la productivité et a potentiellement pour effet d’écraser l’esprit d’entreprise des Canadiens. En tant que ministre responsable de la Petite Entreprise, c’est l’une de mes principales préoccupations.

En janvier dernier, j’ai dévoilé le rapport de la Commission sur la réduction de la paperasse. Il contient 105 recommandations pour se débarrasser des irritants réglementaires et pour éviter que la paperasse se remettre à augmenter encore une fois. Voilà une façon concrète de libérer les énergies du secteur privé.

Enfin, si l’État devient vraiment plus petit, cela signifie que nous avons besoin de moins de gens pour assurer la gestion des programmes. Le Plan d’action économique 2012 indiquait qu’en tout, 19 200 postes fédéraux seraient abolis sur une période de trois ans.

La fonction publique fédérale a cessé de croître après avoir beaucoup grossi depuis 1999. Entre le 31 mars 2010 et le 31 mars 2012, le nombre de fonctionnaires a diminué de 4863 (de 282 955 à 278 092). En proportion de la population canadienne, la taille de la fonction publique fédérale est passée de 1 % en 1983 à 0,82 % en 2011.

IL FAUT FAIRE PLUS

Je pense que cela ne devrait être qu’un début. Il faut faire plus, beaucoup plus, pour réduire la taille de l’État.

Un plus gros gouvernement, c’est un gouvernement qui taxe plus, qui dépense plus, qui s’endette plus, qui réglemente plus. C’est un gouvernement qui intervient dans tous les aspects de nos vies, et qui réduit donc d’autant notre liberté d’agir.

On ne peut pratiquement rien faire aujourd’hui sans devoir obtenir une permission d’un bureaucrate. Vous voulez naviguer une chaloupe? Armez-vous de patience pour obtenir toutes les autorisations nécessaires et savoir tous les règlements qui s’appliquent. Même s’il y a des milliers de pages de règlements obscurs, ne pas les connaître n’est pas considéré comme une excuse par la loi si jamais vous les enfreignez. Vous ne pouvez plaider l’ignorance de la loi.

Les gouvernements nous prennent trop souvent pour des enfants irresponsables et croient savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous. Pour eux, ça justifie les mesures qu’ils adoptent pour nous tenir par la main du berceau au tombeau et nous dire quoi faire. Et aussi pour prendre notre argent dans nos poches.

Les gouvernements veulent nous protéger contre tous les dangers et les risques possibles de la vie en contrôlant nos actions. Mais qui va nous protéger contre les gouvernements ?

CONCLUSION

Je pense que nous nommes à la fin d’un cycle de croissance de l’État qui a débuté il y a un siècle. La présente crise a montré que plus de dépenses publiques n’est pas une solution. Les dépenses publiques ne stimulent pas la création de richesse. En taxant et en empruntant, le gouvernement prend des ressources à certains et les donne à d’autres.

C’est comme prendre une chaudière d’eau dans le coin de la piscine ou l’eau est profonde pour la jeter dans le coin où c’est moins creux. Plus de dépenses publiques agit comme un sédatif économique plutôt que comme un stimulant.

Il nous faut redécouvrir les bienfaits d’un plus petit gouvernement, avec plus de liberté et des citoyens responsables. C’est cela qui a fait du Canada un grand pays, ce qui nous a rendus libres et prospères en premier lieu.

Nous devons devenir non seulement de meilleurs gestionnaires d’un gros État ; nous devons devenir de meilleurs gestionnaires d’un plus petit État

Merci.

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Revue de presse : bilinguisme pour les officiers du Parlement et transparence pour les syndicats http://www.maximebernier.com/2012/12/revue-de-presse-bilinguisme-pour-les-officiers-du-parlement-et-transparence-pour-les-syndicats/ http://www.maximebernier.com/2012/12/revue-de-presse-bilinguisme-pour-les-officiers-du-parlement-et-transparence-pour-les-syndicats/#comments Sun, 16 Dec 2012 21:14:46 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2947 img_1730_-_clac Le Parlement a ajourné cette semaine jusqu’à la fin janvier. Je suis heureux qu’avant que la session ne finisse, mon gouvernement ait donné son appui à deux importants projets de loi privés que j’appuyais également.

Le premier est un projet de loi présenté par une député du NPD, Alexandrine Latendresse, qui exigera que les personnes nommées à des postes d’officiers du Parlement – il y en a dix, dont le vérificateur général et le commissaire au lobbying – soient capables de comprendre le français et l’anglais sans l’assistance d’un interprète et puissent s’exprimer clairement dans ces deux langues.

Je suis en faveur de la liberté de choix en ce qui concerne l’utilisation des langues. Je m’oppose à ce qu’on force les gens à devenir bilingues, mais aussi à ce qu’on les empêche de devenir bilingues et d’utiliser les deux langues officielles du Canada (voir ma position sur la loi 101). Le bilinguisme institutionnel est toutefois quelque chose de différent. L’institution politique centrale de notre pays, le Parlement, doit fonctionner dans les deux langues. Cela signifie que quiconque souhaite occuper l’un des postes clés du Parlement doit être bilingue.

Je comprends que cette exigence de bilinguisme implique que certains bons candidats qui sont unilingues anglophones ou francophones ne seront pas éligibles pour ces emplois. S’ils prévoient faire une carrière et occuper des postes supérieurs à Ottawa, ils devraient cependant commencer à apprendre et à utiliser leur langue seconde bien avant d’avoir 50 ans et de postuler pour de tels postes. C’est un aspect incontournable de la planification de sa carrière dans un pays officiellement bilingue.

Ces postes ont presque toujours été accordés à des candidats bilingues au cours des dernières décennies. Ce projet de loi ne fait qu’enchâsser ce principe et permettra d’éviter des controverses inutiles sur cette question dans l’avenir.

La plupart des mes collègues ont également voté pour l’adoption d’un projet de loi privé présenté par un député conservateur, Russ Hiebert, qui imposera de nouvelles exigences de transparence aux syndicats. Les syndicats ont ce qui revient à un pouvoir indirect de taxation des travailleurs grâce à la formule Rand. Ils jouissent également de plusieurs avantages fiscaux. À cause de ces privilèges, ils devraient avoir les mêmes exigences de transparence que des organismes publics.

Je crois que cela bénéficiera aux travailleurs syndiqués, qui doivent avoir davantage d’information sur les activités de leur organisation syndicale – par exemple, quelles sont les causes qu’elle appuie, ou quel type de lobbying fait-elle – et qui seront ainsi mieux en mesure de contrôler ce qu’on fait avec leurs cotisations syndicales.

Voici quelques articles en français et en anglais qui mentionnent les positions que j’ai prises sur ces deux projets de loi :

Chantal Hébert, « Seven standouts on Parliament Hill in 2012 », The Toronto Star, 14 décembre 2012

Daniel Leblanc, « Internal pressure force Tories to support bilingual bill », The Globe and Mail, 10 décembre 2012

Joël-Denis Bellavance, « Bilinguisme des agents du Parlement: Harper va appuyer le NPD », La Presse, 10 décembre 2012

Éditorial, « Bilingualism essential for Officers of Parliament », The Gazette, 12 décembre 2012

Presse canadienne, « Les syndicats contesteront le projet de loi C-377 devant les tribunaux », La Presse, 13 décembre 2012

« Ottawa : le projet de loi sur la divulgation des finances des syndicats est adopté », Radio-Canada, 12 décembre 2012

Martin Croteau, « Ottawa comprend mal le monde du travail québécois, dit Agnès Maltais », La Presse, 13 décembre 2012

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Justin Trudeau et le registre des armes à feu http://www.maximebernier.com/2012/12/justin-trudeau-et-le-registre-des-armes-a-feu/ http://www.maximebernier.com/2012/12/justin-trudeau-et-le-registre-des-armes-a-feu/#comments Tue, 11 Dec 2012 00:44:56 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2941 Dans son discours de lancement de sa campagne à la chefferie du Parti libéral, Justin Trudeau affirmait que « la seule idéologie valable est celle basée sur les faits et la science. (…) au lieu d’inventer des faits pour justifier de nouvelles politiques publiques, nous mettrons de l’avant des politiques basées sur des faits vérifiables. »

M. Trudeau n’a pas mis beaucoup de temps à se contredire. La semaine dernière, il a déclaré que le registre des armes longues était un échec, après avoir pourtant voté à plusieurs reprises contre la décision de notre gouvernement de l’abolir. Pourquoi donc est-ce un échec ? Parce qu’il a « suscité de la division » parmi les Canadiens. Pour lui, la disparition du registre est la preuve de son échec. Quel argument complètement incohérent!

Qui plus est, il affirme qu’il voterait encore pour maintenir le registre et appuie la décision du gouvernement québécois de chercher à mettre sur pied son propre registre. Quelqu’un y comprend-il quelque chose?

Il y a quelques semaines, j’avais noté que M. Trudeau inversait la cause et l’effet dans son explication de la croissance économique. Cette fois, il confond encore une fois la cause et l’effet à propos du registre des armes. Ce n’est pas parce qu’il a disparu que le registre est une politique qui a échoué; c’est parce qu’il a échoué que notre gouvernement l’a aboli!

Comme je le disais sur ce blogue il y a déjà trois ans, ce registre est devenu un désastre administratif et financier dès sa mise en place. Il devait coûter, selon les estimations du gouvernement de l’époque, 2 millions de dollar; il en a coûté plus de 2 milliards, c’est-à-dire mille fois plus! Imaginez ce qui aurait pu être fait avec une telle somme.

La vérificatrice générale avait de plus souligné dans un rapport que rien n’indiquait que le registre avait aidé à réduire la criminalité. Très peu de crimes sont commis avec des armes de chasse. Les policiers peuvent de toute façon déjà savoir si une personne possède des armes en consultant la liste des permis d’acquisition et de possession.

Une politique gouvernementale doit être jugée à ses effets concrets et non à ses intentions. L’intention qui a mené à la création du registre, celle de sauver des vies et de réduire la criminalité, était certainement louable. Mais ça n’a pas fonctionné. Si Justin Trudeau veut mettre de l’avant des positions fondées sur des faits vérifiables, c’est cet argument qu’il devrait utiliser.

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Un voyage au Nunavut pour la Semaine de la PME http://www.maximebernier.com/2012/10/un-voyage-au-nunavut-pour-la-semaine-de-la-pme/ http://www.maximebernier.com/2012/10/un-voyage-au-nunavut-pour-la-semaine-de-la-pme/#comments Mon, 29 Oct 2012 00:11:19 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2925 Plusieurs activités ont eu lieu à travers le pays dans le cadre de la Semaine de la PME du 14 au 20 octobre dernier. En tant que ministre responsable de la petite entreprise, j’ai participé à quelques-unes d’entre elles.

16102012_iqaliut_graham-dickson-minister-bernier-close-up Ma semaine a débuté par un voyage au Nunavut pour annoncer la conclusion d’un partenariat entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Nunavut en vue de lancer le service PerLE dans le territoire du Nunavut.

Le service PerLE aide à simplifier l’accès des entrepreneurs à l’information sur les permis et licences dont ils ont besoin pour établir et exploiter leur entreprise. Ce partenariat entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et les administrations municipales vise à réduire le nombre de formalités administratives auxquelles les petites entreprises doivent se plier.

Sur la photo ci-dessus, je suis avec Graham Dickson, le fondateur et président de l’entreprise Arctic Kingdom Polar Expeditions, qui organise des expéditions pour voir la faune arctique et les spectaculaires paysages de cette région. Il m’a prêté ce manteau traditionnel inuit en peau de phoque pour une visite du parc territorial Sylvia Grinell tout près de la capitale, Iqaluit.

À Iqaluit, j’ai rencontré la première ministre du Nunavut, Eva Aariak. Nous avons discuté de sa vision du développement économique du territoire.

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J’ai également rencontré des entrepreneurs de la région qui m’ont expliqué les problèmes auxquels ils sont confrontés pour développer leurs entreprises.

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De retour à Ottawa le 17 octobre, j’ai participé à un événement où une centaine d’entrepreneurs étaient présents dans les bureaux d’Adobe. J’ai discuté des politiques de notre gouvernement pour réduire la paperasse et ouvrir les marchés étrangers avec Bruce Lazenby, président d’Investir Ottawa, et Diane Desaulniers du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale.

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Justin Trudeau ne comprend pas l’économie http://www.maximebernier.com/2012/10/justin-trudeau-ne-comprend-pas-l%e2%80%99economie/ http://www.maximebernier.com/2012/10/justin-trudeau-ne-comprend-pas-l%e2%80%99economie/#comments Sun, 14 Oct 2012 18:36:50 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2917 J’ai donné une entrevue au quotidien La Presse cette semaine sur la vision – ou plutôt l’absence de vision – économique de Justin Trudeau, qui lançait sa campagne pour la chefferie du Parti libéral du Canada il y a quelques jours. Voici l’article du journaliste Joël-Denis Bellavance publié vendredi dernier.

Maxime Bernier s’en prend à Trudeau justin-trudeau

12 octobre 2012

Joël-Denis Bellavance
La Presse

Justin Trudeau utilise des «slogans creux» pour séduire la classe moyenne, mais il ne propose rien de crédible, sur le plan économique, qui pourrait lui donner de l’oxygène, estime le ministre d’État aux petites entreprises, Maxime Bernier.

Si les conservateurs de Stephen Harper se sont montrés discrets jusqu’ici au sujet de la candidature du jeune député de Papineau à la direction du Parti libéral du Canada, M. Bernier a mis fin à ce silence en critiquant sans ménagement certains passages du discours qu’a prononcé M. Trudeau au lancement de sa campagne à Montréal, mardi dernier.

Dans ce discours, M. Trudeau a soutenu que la classe moyenne joue un rôle déterminant dans la croissance de l’économie. «Il ne faut jamais oublier que la croissance et le progrès passent d’abord et avant tout par une classe moyenne prospère, a-t-il notamment affirmé. Une classe moyenne prospère nous permet d’envisager l’avenir avec optimisme et de créer des opportunités pour ceux d’entre nous qui sont moins fortunés. Elle permet de créer un marché robuste pour nos entreprises.»

«Les grands succès économiques récents sont l’histoire du succès de la classe moyenne, a-t-il ajouté. La Chine, l’Inde, la Corée du Sud et le Brésil, pour ne nommer que ceux-là, ont connu du succès parce que des millions de gens se sont ajoutés à la classe moyenne.»

Le ministre Maxime Bernier croit que M. Trudeau fait fausse route. «C’est le monde à l’envers! Ce n’est pas parce que leur classe moyenne a crû que la Chine et l’Inde, notamment, sont devenues des succès économiques. C’est plutôt parce que ces pays ont d’abord connu une importante croissance économique que leur classe moyenne a pu se développer.»

«Et pourquoi ont-elles connu une importante croissance économique? Parce qu’au cours des dernières décennies leurs gouvernements ont abandonné les vieilles politiques socialistes et dirigistes et ont libéralisé leur économie. Ils ont davantage misé sur l’entreprise privée, l’ouverture des marchés et une fiscalité plus raisonnable au lieu de chercher à tout contrôler et à étouffer l’innovation par la réglementation, la planification bureaucratique et les interdits.»

Dans une entrevue avec La Presse, M. Bernier a dit qu’il ne s’attendait pas à ce que Justin Trudeau, au début de sa campagne, fasse des propositions précises. Mais les propos tenus par l’aspirant chef libéral au sujet de la classe moyenne l’ont convaincu de sortir de son mutisme.

«Justin Trudeau confond la cause avec l’effet en matière de développement économique. C’est la seule vision de nature économique qu’on trouve dans son discours de lancement de campagne. Voilà qui est de mauvais augure. Ce n’est pas avec des slogans creux qu’on gouverne un pays», a lancé M. Bernier.

L’entourage de Justin Trudeau a fait peu de cas de cette sortie du ministre conservateur. «M. Bernier est 10 jours en retard. Les gens ont soif pour autre chose que la politique de basse-cour des conservateurs. Ce n’est pas pour rien qu’il y a tant d’intérêt autour de la candidature de Justin. Et la campagne ne fait que commencer», a dit un proche collaborateur qui a requis l’anonymat.

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Ma tournée estivale se poursuit http://www.maximebernier.com/2012/09/ma-tournee-estivale-se-poursuit/ http://www.maximebernier.com/2012/09/ma-tournee-estivale-se-poursuit/#comments Sun, 23 Sep 2012 21:23:49 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2911 Ma tournée estivale des régions du Québec s’est poursuivie en septembre. J’ai notamment discuté avec des entrepreneurs lors d’une table ronde tenue à St-Hyacinthe (voir photo ci-dessous). Ils m’ont expliqué leurs préoccupations en ce qui a trait à la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, la nécessité de réduire la paperasse et d’accroître la qualité des services du gouvernement pour répondre aux besoins des entreprises.

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J’ai également été le conférencier invité du Forum Ghislain Dufour du monde des affaires, un événement organisé par National, la plus grande firme de relations publiques au Canada. J’ai parlé de la crise économique qui se poursuit dans le monde, et j’ai expliqué pourquoi ce ne sont pas des programmes de relance des gouvernements, avec des dépenses accrues et plus de création monétaire, qui peuvent amener une relance soutenue, mais plutôt des politiques qui favorisent la création de richesse dans le secteur privé.

Le quotidien La Presse a publié un article la semaine dernier sur ma tournée estivale.

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Une visite à St-Tite http://www.maximebernier.com/2012/09/une-visite-a-st-tite/ http://www.maximebernier.com/2012/09/une-visite-a-st-tite/#comments Sun, 23 Sep 2012 20:46:15 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2905 Dans le cadre de ma tournée estivale des régions du Québec, je suis allé il y a deux semaines au Festival Western de St-Tite. C’est très encourageant de voir qu’un si petit village peut organiser un événement d’une telle ampleur et d’une telle classe grâce au travail des bénévoles. J’ai eu l’honneur de lire la prière du cowboy lors de l’ouverture des finales de rodéo de la Coupe du Canada.

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Me voici avec deux des principaux organisateurs du Festival : son directeur général Pascal Lafrenière (à gauche) et le président du conseil d’administration Christian Lafrance.

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Un arrêt à Lac St-Louis http://www.maximebernier.com/2012/08/un-arret-a-lac-st-louis/ http://www.maximebernier.com/2012/08/un-arret-a-lac-st-louis/#comments Sun, 26 Aug 2012 20:00:51 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2896 J’ai poursuivi ma tournée estivale du Québec la semaine dernière avec un arrêt dans l’ouest de l’île de Montréal. J’étais le conférencier invité lors de l’événement annuel de levée de fonds de l’Association conservatrice de la circonscription de Lac St-Louis. J’ai parlé des valeurs conservatrices et de la nécessité de diminuer l’intervention de l’État dans l’économie. Le journal régional, The Suburban, a couvert l’événement. On peut lire le reportage (en anglais) ici.

Sur la photo, de gauche à droite, je suis avec le joueur légendaire des Alouettes de Montréal, Peter Dalla Riva, la conseillère municipale de Beaconsfield Rhonda Massad, le président de l’Association conservatrice de Lac St-Louis, Peter Fletcher et le sénateur Larry Smith.

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Une tournée des régions du Québec http://www.maximebernier.com/2012/08/une-tournee-des-regions-du-quebec/ http://www.maximebernier.com/2012/08/une-tournee-des-regions-du-quebec/#comments Tue, 14 Aug 2012 16:45:24 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2883 J’ai débuté, à la fin juillet, une tournée estivale des régions du Québec pour rencontrer des entrepreneurs et des élus locaux et discuter avec eux de tourisme et d’enjeux régionaux qui impliquent le gouvernement fédéral. Comme je le fais à chacune de ces rencontres, j’ai expliqué les efforts de notre gouvernement pour créer un meilleur environnement d’affaires en réduisant la paperasse et le fardeau fiscal des entreprises.

Me voici avec des gens d’affaires à Sept-îles et à Gaspé.

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Le village de Mont St-Pierre en Gaspésie a tenu cette année la 35e édition de sa Fête du vol libre. J’ai rencontré le maire de la municipalité, Jean-Sébastien Cloutier (au centre) et le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier.

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À Matane, j’ai participé au lancement de la 20e édition du Festival country en compagnie de son directeur, André Rouleau.

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Toujours à Matane, j’ai fait une escale à l’un des plus gros tournois de balle molle au Québec, le Festi-Balle Coors Light, organisé par Sylvain Caron.

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Nashville en Beauce http://www.maximebernier.com/2012/08/nashville-en-beauce/ http://www.maximebernier.com/2012/08/nashville-en-beauce/#comments Wed, 08 Aug 2012 00:36:32 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2875 Parmi les nombreuses activités de l’été dans ma circonscription, il y a le festival Nashville en Beauce qui offre de nombreuses activités en plus des spectacles de musique country. J’y étais la semaine dernière.

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Une réplique à Thomas Mulcair sur les sables bitumineux http://www.maximebernier.com/2012/07/une-replique-a-thomas-mulcair-sur-les-sables-bitumineux/ http://www.maximebernier.com/2012/07/une-replique-a-thomas-mulcair-sur-les-sables-bitumineux/#comments Tue, 03 Jul 2012 21:43:41 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2864 La semaine dernière, le Financial Post a publié mon article critiquant les positions du chef de l’Opposition Thomas Mulcair sur les sables bitumineux et la soi-disant maladie hollandaise. La version française de l’article est reproduite ci-dessous, de même qu’une entrevue sur le même sujet avec Mario Dumont sur la chaîne de télévision V. MB

Les entrepreneurs assainiront les sables bitumineux

tailingpond Maxime Bernier, ministre d’État (Petite Entreprise et Tourisme)

Financial Post, 28 juin 2012

Ceux qui s’opposent à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta nous disent depuis des années qu’il faut y mettre fin, en réduire l’ampleur, ou à tout le moins taxer fortement cette activité et la réglementer sévèrement de façon à en limiter les impacts sur l’environnement.

Selon une thèse plus récente, rendue populaire par le chef du NPD, Thomas Mulcair, les sables bitumineux ont provoqué le déclin des secteurs manufacturiers de l’Ontario et du Québec en poussant le dollar à la hausse -ce qu’on appelle le « mal hollandais ».

Ces critiques ont tort sur les deux points.

J’ai récemment eu l’occasion de visiter l’usine pilote nouvellement construite de Gradek Energy à Montréal, une petite entreprise fondée par un entrepreneur québécois, Thomas Gradek. M. Gradek est l’un des nombreux entrepreneurs et chercheurs à travers le pays qui sont en train de développer des solutions innovatrices pour régler les problèmes environnementaux provoqués par l’exploitation des sables bitumineux. M. Gradek a inventé une bille de polymère réutilisable qui permet de récupérer le bitume dans les bassins de décantation – ces lacs de déchets créés par le processus d’extraction – et d’y laisser de la matière organique inoffensive et de l’eau.

Le bitume récupéré peut être raffiné alors que la matière organique qui reste, qui ne contient plus de contaminants, peut être réintroduite dans l’environnement. Les minéraux utiles contenus dans les bassins de décantation peuvent aussi être récupérés. L’eau, qui compte pour 85% de la matière qui compose les bassins de décantation, peut être réutilisée dans le processus d’extraction. Comme elle est déjà chaude, cela entraîne aussi des économies d’énergie.

Gradek Energy traite en ce moment des déchets de Syncrude Canada. Au cours des dernières années, cette technologie a été testée et validée par plusieurs organisations, y compris dans des centres de recherche universitaires, des gouvernements et du secteur privé. M. Gradek a un plan crédible pour éliminer tous les bassins de décantation existants en Alberta sur une période de dix ans.

Ce type de technologie va transformer ce qui n’est pour le moment qu’une grande quantité de déchets, qui peuvent polluer le sol et l’eau et qui émettent d’importantes quantités de gaz à effet de serre, en matières utiles et en richesses. Les sables bitumineux vont ainsi graduellement devenir une ressource beaucoup plus verte. Contrairement à ce que prétend M. Mulcair, nous ne laisserons pas un fardeau environnemental aux générations futures.

Qu’en est-il du mal hollandais? La théorie elle-même n’est pas très logique. Dans une économie en constante évolution où tout est interdépendant, chaque activité à un effet sur la valeur du dollar et sur d’autres prix. Pourquoi donc s’attaquer aux sables bitumineux en particulier? L’industrie touristique fait elle aussi grimper le dollar lorsqu’elle attire plus de visiteurs étrangers au Canada. Le NPD a-t-il l’intention de repousser les touristes aux frontières parce qu’ils craignent que cela détruise quelques emplois manufacturiers?

Plus fondamentalement, un dollar fort n’est pas un désavantage mais entraîne plutôt des bénéfices pour l’économie. C’est pour cette raison qu’on le qualifie de « fort ». Un dollar fort est le résultat d’une production domestique efficace – incluant les exportations – et d’un climat d’investissement attrayant pour les entreprises étrangères.

Les préoccupations de M. Mulcair n’ont pas de raison d’être. Il y a plusieurs générations, le secteur agricole canadien employait énormément de main-d’ouvre. Aujourd’hui, grâce à une hausse de la productivité, les agriculteurs canadiens peuvent produire plus de nourriture à un coût moindre et avec moins d’employés. Le secteur manufacturier canadien connaît le même phénomène depuis quelques décennies.

Ce qui importe n’est pas que les conditions économiques du passé restent les mêmes. C’est que l’économie demeure suffisamment flexible pour s’adapter aux changements technologiques et à la demande des consommateurs, de façon à ce que les facteurs de production aillent aux activités les plus productives – celles qui créent le plus de prospérité – dans quelque secteur que ce soit. Et il n’y a pas de doute que les sables bitumineux génèrent un très grand nombre d’emplois et contribuent fortement à la croissance économique du Canada.

On a pu lire beaucoup de commentaires ces derniers temps sur le fait que le NPD est en train de se débarrasser de ses vieux réflexes socialistes et de moderniser son programme économique sous le leadership de M. Mulcair. Je souhaiterais que ce soit vrai, mais je ne vois rien qui permette de croire que c’est le cas. Le chef de l’Opposition est constamment en train de trouver des façons de miner la liberté économique et la créativité entrepreneuriale en proposant de nouvelles réglementations, des taxes plus lourdes, bref, les mêmes vieilles politiques interventionnistes.

Je devrais ajouter que le chef du NPD se trompe pour une autre raison. Il croit qu’il peut se faire du capital politique en soulevant de faux problèmes et en opposant les uns contre les autres les Canadiens de l’est et de l’ouest du pays. Ça ne fonctionnera pas.

Ne serait-il pas ironique de constater que c’est un entrepreneur du Québec qui aura finalement trouvé une solution innovatrice aux problèmes des bassins de décantation de l’Alberta? Cela prouverait une fois de plus que c’est la libre entreprise, l’esprit d’innovation et l’initiative individuelle – et non le dirigisme étatique – qui sont les meilleures façons de réconcilier les intérêts économiques de tous les Canadiens.

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Faire des affaires plus facilement en Colombie-Britannique http://www.maximebernier.com/2012/04/faire-des-affaires-plus-facilement-en-colombie-britannique/ http://www.maximebernier.com/2012/04/faire-des-affaires-plus-facilement-en-colombie-britannique/#comments Sun, 22 Apr 2012 23:45:02 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2855 J’ai fait un court voyage en Colombie-Britannique vendredi dernier pour une annonce et quelques rencontres officielles.

vancouver-april-20-022 Tout d’abord, avec mon homologue provincial, le ministre Pat Bell, nous avons annoncé le lancement du service PerLE dans 10 communautés, en partenariat avec le gouvernement de Colombie-Britannique et les municipalités concernées. PerLE est un outil en ligne qui permet de gagner du temps en rendant la gestion des affaires plus facile. C’est un service innovateur qui simplifie l’accès des entrepreneurs à l’information sur les permis et licences dont ils ont besoin de la part des trois paliers de gouvernement – fédéral, provincial et municipal – pour établir et exploiter leur entreprise. Le service PerLE est maintenant offert dans plus de 630 municipalités situées dans 11 provinces et territoires.

vancouver-april-20-029 J’ai également visité le salon de l’Association canadienne des aliments de santé au Centre des congrès de Vancouver. Il s’agit du plus important événement qui présente des produits de santé et biologiques dans l’ouest du pays, avec plus de 450 exposants et une grande variété de séminaires éducationnels. (Dans la photo ci-dessus, je suis en compagnie de Helen Sherrard, présidente de l’Association.)

Enfin, j’ai pris part à une table ronde avec des gens d’affaire en compagnie de ma collègue Wai Young, député de Vancouver South. Les discussions ont surtout porté sur les opportunités d’affaire avec la Chine et la région Asie Pacifique.

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Un mot d’encouragement au Réseau Liberté Québec http://www.maximebernier.com/2012/04/un-mot-dencouragement-au-reseau-liberte-quebec/ http://www.maximebernier.com/2012/04/un-mot-dencouragement-au-reseau-liberte-quebec/#comments Mon, 09 Apr 2012 23:58:05 +0000 ledepute http://www.maximebernier.com/?p=2847 rlq18mars_image_600x250 Le 18 mars dernier avait lieu une journée de conférences à Lévis organisée par le Réseau Liberté Québec. Les organisateurs m’ont invité à prendre la parole pendant quelques minutes avant l’un des panels et j’en ai profité pour les encourager à continuer leur travail de défense de la liberté. Voici le texte de ma courte présentation.

**********

Mes chers amis,

Je voudrais cet après-midi vous parler rapidement de trois notions: liberté, ténacité et popularité.

La liberté est la valeur fondamentale qui nous rassemble tous ici aujourd’hui. Ce n’est pas un désir égoïste de faire ce qu’on veut sans contrainte. Ça, c’est le point de vue de ceux qui pensent savoir ce qui est bon pour nous et qui veulent nous l’imposer.

La liberté, c’est rien de moins que le fondement de notre civilisation. La dignité humaine et l’égalité de droit, le pluralisme social et le dynamisme culturel, l’avancement scientifique et la prospérité économique : tout cela est impossible dans un contexte où il n’y a pas de liberté.

Nous sommes les défenseurs de la civilisation et il ne faut pas avoir peur de le dire. Je pense que nous avons le devoir d’être tenace et persévérant dans la défense de la liberté. Nous avons le devoir de ne rien cacher à la population de ce que nous croyons nécessaire et vrai.

Combien de fois avons-nous reculé devant les arguments faux de nos critiques et de nos détracteurs? Combien de fois avons-nous hésité à exprimer nos convictions de peur que l’élite journalistique de gauche en fasse une controverse à nos dépens?

J’ai personnellement suscité une controverse médiatique en critiquant la loi 101 et en prônant la liberté de choix, mais cela a fait avancer le débat. C’est à nous de convaincre les gens à adopter la cause de la liberté, pour que nous puissions vivre dans une société encore plus libre et plus prospère!

À quoi sert-il d’avoir les meilleures solutions si nous les gardons pour nous-même de peur de déplaire? À quoi nous sert-il d’embrasser la cause de la liberté si nous n’osons pas la défendre avec passion et conviction à travers le Québec?

Ron Paul est un bel exemple de ténacité que nous devons imiter. Il défend avec conviction, ardeur et enthousiasme les idées de liberté et de responsabilité individuelles depuis plus de 30 ans. Au tout début il prêchait dans le désert, mais il y a seulement quelques jours, il parlait devant plus de quatre mille étudiants qui buvaient ses paroles à l’Université du Missouri.

Nous ne devons pas nous décourager parce nos idées ne sont pas très populaires aujourd’hui, ne sont pas partagées par la majorité de nos concitoyens.

Ce n’est pas parce qu’une idée n’est pas acceptée aujourd’hui par la majorité qu’elle n’est pas juste et vraie! Une idée n’est pas juste et vraie parce qu’elle est populaire. Les idées de liberté et de responsabilité individuelles sont justes et vraies et deviendront populaires parce que nous demeurerons fidèles à ces valeurs universelles, fidèle à nos principes, fidèles à nos rêves!

Ce qui n’est pas populaire aujourd’hui peut l’être demain, aussi bien chez les hommes que pour les idées. Ron Paul n’était pas populaire et il l’est devenu, parce qu’il est resté fidèle à son rêve de jeunesse. C’est ce que je souhaite, que vous restiez fidèle à votre rêve parce que l’avenir vous appartient, parce que la cause de la liberté finira toujours par triompher!

Merci!

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La politique sur le terrain – en Beauce http://www.maximebernier.com/2012/03/la-politique-sur-le-terrain-en-beauce/ http://www.maximebernier.com/2012/03/la-politique-sur-le-terrain-en-beauce/#comments Mon, 12 Mar 2012 00:39:39 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2834 politiquesurleterrain Il y a quelques semaines, la chaîne CPAC a diffusé un épisode de sa série de reportages « La politique sur le terrain » sur la Beauce.

La journaliste Danielle Young de l’émission Revue politique m’a suivi pendant une journée en novembre dernier pour voir quel rapport j’entretiens avec mes électeurs.

On peut visionner la vidéo sur le site de la chaîne CPAC.

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Un débat sur le keynésianisme http://www.maximebernier.com/2012/02/un-debat-sur-le-keynesianisme/ http://www.maximebernier.com/2012/02/un-debat-sur-le-keynesianisme/#comments Thu, 23 Feb 2012 21:58:46 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2824 keynes_0 Mon article publié dans le National Post la semaine dernière a suscité un éditorial critique de la part de Vincent Brousseau-Pouliot dans La Presse de samedi dernier. Le quotidien a publié hier ma réplique, suivie d’une dernière réponse de la part de M. Brousseau-Pouliot. Ces textes sont reproduits ci-dessous, le mien étant la version que j’ai soumise au quotidien, et non la version légèrement écourtée qui a été publiée.

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La leçon d’économie de Maxime Bernier

Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse
Publié le 18 février 2012

Alors que le gouvernement Harper s’apprêterait à faire d’importantes réductions de dépenses, son ministre Maxime Bernier a pris la plume cette semaine dans le National Post pour réfuter les théories économiques de John Maynard Keynes selon lesquelles l’État doit augmenter ses dépenses pour combattre une récession.

Le ministre Bernier a droit à ses opinions, mais ses généralisations à l’emporte-pièce et ses omissions factuelles sont gênantes pour un ministre assigné à un portefeuille économique (Petites entreprises et Tourisme).

Selon Maxime Bernier, la Grande Dépression a pris fin avec la Deuxième Guerre mondiale et non avec le New Deal. Pour justifier son affirmation, Maxime Bernier s’appuie notamment sur une déclaration de Henry Morgenthau, secrétaire au Trésor de l’administration Roosevelt, en 1939: «Nous avons dépensé plus d’argent que jamais auparavant et ça n’a pas marché.» Dans son raccourci intellectuel, Maxime Bernier oublie un détail: Henry Morgenthau a finalement convaincu son patron de couper dans les dépenses gouvernementales en 1937 (-17% du budget en deux ans). Avec comme résultat une nouvelle récession en 1937-38 durant laquelle le taux de chômage est passé de 14,3% à 19,0%.

Autre exemple cité par Maxime Bernier dans sa «leçon» d’économie: la prospérité américaine d’après-guerre aurait commencé après que le gouvernement eut réduit ses dépenses des deux tiers entre 1945 et 1948. Bien sûr que la guerre étant terminée, l’État pouvait reprendre sa taille normale dans l’économie! Malheureusement pour la théorie de Maxime Bernier, le budget fédéral américain est simplement revenu en 1948 au même niveau qu’en 1940. Et le ministre Bernier oublie de mentionner que durant ces trois années de compressions budgétaires, le pays a subi une sévère récession (-12% du PIB entre 1945 et 1948).

Finalement, le ministre Bernier se moque des keynésiens en citant l’exemple du Japon, qui a vu sa dette passer de 68% de son PIB en 1990 à 225% actuellement. «S’il fallait en croire les keynésiens, le Japon serait le pays avec la plus importante croissance économique», écrit-il. Le ministre Bernier prend le problème à l’envers. Si le ratio dette/PIB du Japon a tant augmenté, c’est en raison de déséquilibres sur plusieurs marchés (ex: taux de change, immobilier) qui ont entraîné une croissance économique anémique. Les dépenses gouvernementales (en% du PIB) et le fardeau fiscal ont été moins élevés au Japon qu’au Canada à chaque année depuis 1990. Le Japon a un problème d’endettement, mais ça n’a rien à voir avec Keynes puisque le gouvernement japonais dépense moins que celui dont fait partie Maxime Bernier.

Comme plusieurs des détracteurs de Keynes, Maxime Bernier n’a retenu qu’une partie de ses enseignements. Selon le père de l’interventionnisme, l’État doit augmenter son rôle dans certaines circonstances quand l’économie va mal, pour le réduire graduellement quand elle reprend du mieux. Un exemple récent: le Plan d’action économique du gouvernement Harper. Un peu de rigueur intellectuelle, monsieur le ministre!

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Je persiste et signe : le keynésianisme a échoué

Maxime Bernier, ministre d’État à la Petite Entreprise et au Tourisme
La Presse
Publié le 22 février 2012

Dans son éditorial (18 février), Vincent Brousseau-Pouliot s’attaque à ce qu’il considère des généralisations et des omissions factuelles dans mon récent article du National Post sur la théorie économique keynésienne.

Un éditorialiste devrait savoir qu’il est difficile de ne pas généraliser et de ne rien omettre dans un court article. Je plaide donc en partie coupable. Malgré cela, les faits qu’il avance pour me critiquer ne font en réalité que confirmer ce que j’écrivais.

Il est vrai, comme il l’écrit, que l’économie américaine a connu une rechute en 1937-1938 après que le gouvernement Roosevelt eut mis fin à plusieurs années de hausses très rapides des dépenses et procédé à certaines compressions budgétaires. Il a également raison de noter qu’une récession a eu lieu en 1946-1947, lorsque le gouvernement américain a coupé ses dépenses des deux tiers après la fin de la guerre.

La croissance artificielle engendrée par des dépenses étatiques inconsidérées (ou par trop de création monétaire) aboutit toujours à un krach. M. Brousseau-Pouliot ne m’apprend rien à cet égard : cette explication est au cour de la théorie des cycles économiques de Friedrich Hayek et d’autres penseurs de l’École autrichienne d’économie.

Lorsque le gouvernement cesse de gonfler artificiellement l’économie, celle-ci doit en effet se réajuster. Les facteurs de production doivent quitter les secteurs déficitaires pour aller vers les secteurs où il y a une demande réelle et un besoin de nouveaux investissements. Ce réajustement entraîne nécessairement un ralentissement économique temporaire ou une récession.

Cela ne contredit absolument pas mon argument central qui est, comme je l’écrivais dans le National Post, qu’il est impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques et plus de dettes.

L’éditorialiste note que durant la récession de 1937-1938, le taux de chômage est passé de 14,3% à 19,0%. N’est-il pas étonnant qu’après plusieurs années de New Deal et de budgets en forte croissance (croissance qui a d’ailleurs repris à partir de 1938), le chômage se situait toujours au niveau catastrophique de 14%? M. Brousseau-Pouliot omet de nous expliquer pourquoi les politiques keynésiennes de Roosevelt n’ont pas réussi à remettre tous ces Américains au travail.

Il prétend aussi que ce sont des « déséquilibres sur plusieurs marchés » qui expliquent la croissance anémique du Japon depuis vingt ans, et non les plans de relance à répétition du gouvernement japonais. Justement, selon la logique keynésienne, des dépenses publiques massives auraient dû contrer ces déséquilibres et entraîner une croissance économique forte. Ça n’a pas marché. M. Brousseau-Pouliot omet encore une fois de nous dire pourquoi. Après une récession ayant permis à l’économie de se réajuster, la croissance a au contraire été forte et durable aux États-Unis à partir de 1948. Le contraste est frappant avec la situation au Japon.

Parlant d’omission, M. Brousseau-Pouliot n’a rien à dire sur la récession de 1920-1921 que j’évoquais dans mon article, qui a été extrêmement sévère mais de courte durée. La reprise s’est en effet manifestée rapidement et le chômage est passé de 12% à 2% après une réduction de moitié des dépenses du gouvernement américain. Cet exemple historique contredit clairement la logique keynésienne.

Qu’est-ce donc qui est préférable : une récession à court terme suivie d’une croissance forte et durable, ou bien une stagnation qui se poursuit pendant des années?

M. Brousseau-Pouliot, comme tous les partisans de l’interventionnisme étatique, croit que le gouvernement peut « relancer » l’économie en s’appropriant plus de ressources. Je pense au contraire que ce sont les entrepreneurs qui créent la richesse. Et que plus le gouvernement dépense, moins il reste de ressources disponibles pour leur permettre de le faire.

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Des excès dévastateurs

Vous me demandez ce qui est préférable? Une hausse temporaire des investissements publics durant une récession pour en amoindrir l’ampleur et les conséquences. Par exemple, durant le New Deal, le taux de chômage a diminué chaque année (de 28,6% en 1932 à 14,3% en 1937). Libre à vous de citer en exemple le modèle économique des années 1920, mais ses excès ont grandement contribué à la Grande Dépression. Une question en terminant: s’il est «impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques et plus de dettes», pourquoi le gouvernement Harper a-t-il haussé la dette fédérale de 457 milliards (29,9% du PIB du pays) en 2007-08 à une prévision de 586 milliards (34,4% du PIB) en 2011-12?

Vincent Brousseau-Pouliot


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Comment sortir de la crise économique http://www.maximebernier.com/2012/02/comment-sortir-de-la-crise-economique/ http://www.maximebernier.com/2012/02/comment-sortir-de-la-crise-economique/#comments Fri, 17 Feb 2012 01:29:28 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2813 J’ai présenté ce discours le 3 février dernier en anglais devant la Chambre de commerce de Toronto. Hier, le Financial Post en a publié un extrait sous le titre « Give Keynes the boot » .

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keynes_0 Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me fascine depuis quelques années : comment sortir de la crise économique globale qui a débuté en 2007.

Comme vous le savez, elle a commencé sous la forme d’une crise financière provoquée par l’effondrement de la bulle immobilière aux États-Unis. Elle s’est ensuite répandue à travers le monde et a entraîné une récession.La plupart des gouvernements ont réagi en adoptant d’ambitieux plans de relance qui ont alourdi les dettes déjà élevées qu’ils avaient. Elle s’est maintenant transformée en crise de la dette publique et en crise budgétaire, en particulier en Europe et aux États-Unis.

Certains pays européens, comme la Grèce, doivent maintenant être sauvés de la faillite. D’autres, comme l’Italie et l’Espagne, ont des problèmes sérieux. Certains seront de nouveau en récession cette année. Plusieurs analystes prévoient que tout cela pourrait entraîner l’effondrement de l’union monétaire européenne.

De leur côté, les États-Unis accumulent depuis plusieurs années des déficits gigantesques qui mettent en danger l’économie américaine à moyen terme.

Au contraire, la situation est sous contrôle au Canada. Notre économie a créé plus d’emplois depuis la récession que nous en avons perdus durant la récession. Le Canada n’a pas trop souffert, en partie parce que nous avions des finances publiques saines avant la crise. Et parce que notre plan de relance a été limité et bien ciblé, en grande partie sur des projets d’infrastructure dont nous avions besoin.

Nous n’avons pas perdu le contrôle de nos dépenses. Nous n’avons pas créé de déficits non viables. Et aujourd’hui, nous sommes clairement sur la voie du retour à l’équilibre budgétaire et, à moins que la situation internationale ne se détériore, d’une croissance économique soutenue.

Pourquoi le Canada se retrouve-t-il dans une situation économique relativement enviable, alors que nos partenaires connaissent toujours de sérieuses difficultés? Parce que nos partenaires appliquent les préceptes d’une école de pensée économique qui s’appelle le keynésianisme. Cette théorie a été développée par l’économiste britannique John Maynard Keynes.

Keynes avait très peu confiance dans les entrepreneurs et le libre marché. Il était un fervent défenseur de l’intervention du gouvernement dans l’économie. L’une des principales idées de Keynes est qu’en période de crise ou de récession, la meilleure façon d’en sortir est d’augmenter les dépenses du gouvernement.

Les dépenses publiques vont soutenir la demande globale, remettre tout le monde au travail et relancer l’économie. Même si le gouvernement a déjà un déficit élevé et une grosse dette accumulée, ce n’est pas grave. Il faut emprunter et dépenser.

C’est l’un des paradoxes proposés par Keynes : la solution à trop de dépenses est de dépenser encore plus. La solution à des niveaux élevés de déficit et de dettes est encore plus de déficit et de dettes.

Les économistes keynésiens prétendent que si l’économie américaine ne s’est toujours pas complètement remise de la crise, c’est parce que le gouvernement ne dépense pas suffisamment. Pour eux, des déficits budgétaires annuels correspondant à 10% du PIB, ça ne suffit pas. Ils souhaitent des déficits encore plus importants. Pour vous donner une idée, le déficit budgétaire du Canada cette année correspond à un peu moins que 2% du PIB.

Il y a quelque chose de fondamental qui cloche dans cette explication. La question centrale qu’on doit se poser est celle-ci : d’où vient l’argent que le gouvernement dépense? Il doit bien venir de quelque part. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord retiré du secteur privé par des taxes et des impôts; ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu’un, c’est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation de la demande globale.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l’argent au gouvernement auront eux aussi moins d’argent à dépenser ou à investir ailleurs. Ou bien, ils auront moins d’argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation dans la demande globale.

C’est comme prendre une chaudière d’eau dans le coin de la piscine ou l’eau est profonde pour la jeter dans le coin où c’est moins creux. Et il est évident que ça ne fonctionne pas. Nos amis keynésiens à Ottawa, les néodémocrates et les libéraux, devraient comprendre ça.

Voyons ce qui est arrivé dans le pays qui a mis en ouvre ce genre de politique de façon très poussée : le Japon. Il y a vingt ans, le Japon a souffert d’une crise similaire à celle qui a frappé récemment les États-Unis. Une bulle spéculative qui s’était développée dans le secteur immobilier a finalement éclaté en 1990. Les prix se sont effondrés et cela a eu un impact négatif sur toute l’économie.

Le gouvernement japonais s’est lancé dans une série de programmes de dépenses publiques pour stimuler artificiellement l’économie. Il a dépensé des billions de yen. L’économie japonaise n’est cependant pas sortie de sa torpeur.

En 1990, la dette publique brute du Japon correspondait à 68% du PIB. Aujourd’hui, c’est 225%. La dette publique japonaise est la plus élevée au monde. Et les Japonais n’ont pas obtenu grand-chose en retour. Ce n’est pas parce qu’on dépense tout ce qu’on peut avec sa carte de crédit qu’on s’enrichit. Et pourtant, s’il faut en croire la logique du keynésianisme, l’économie japonaise aurait dû connaître la croissance la plus rapide dans le monde depuis vingt ans.

Voici deux autres exemples historiques qui permettent de contredire cette théorie.

Dix ans avant la Grande Dépression, en 1920 et 1921, l’économie américaine a subi une très grave récession. Presque personne n’en a entendu parler, parce qu’elle n’a pas duré très longtemps. L’économie a chuté de 17%. Le chômage est passé de 5 à 12%.

Le président à l’époque, Warren Harding, ne croyait pas qu’on pouvait relancer l’économie en augmentant les dépenses publiques. Au contraire, il croyait que le gouvernement devait s’enlever du chemin.

Qu’est-ce qu’il a fait? Il a réduit le budget du gouvernement de presque la moitié. Il est passé de 6,3 milliards de dollars en 1920, la dernière année du gouvernement Wilson, à 3,3 milliards en 1922. Harding a aussi réduit les impôts.

Nos amis keynésiens et les partis d’opposition à Ottawa vont dire que ce n’est pas du tout ce qu’un gouvernement devrait faire pour relancer l’économie. Mais c’est pourtant précisément ce qui est arrivé. Dès la fin de 1921, l’économie avait repris de la vigueur et a en croissance pendant le reste de la décennie. Le chômage est rapidement descendu à 2,4% en 1922.

Qu’en est-il de la Grande Dépression? Beaucoup de gens pensent que c’est le New Deal du président Roosevelt qui a mis fin à la crise. Mais ce n’est pas du tout ce qui est arrivé. Malgré toutes les nouvelles dépenses et les nouveaux programmes du New Deal, la Dépression s’est poursuivie année après année.

En 1939, le secrétaire au Trésor de Roosevelt, Henry Morgenthau, a fait cet aveu surprenant :  » Nous avons essayé de régler le problème en dépensant de l’argent. Nous dépensons plus que nous avons jamais dépensé auparavant et ça ne fonctionne pas. Huit ans après l’entrée en fonction de ce gouvernement, nous avons autant de chômage que lorsque nous sommes arrivés. et une énorme dette par-dessus le marché!  »

On entend également souvent dire que c’est la Deuxième Guerre mondiale qui a mis fin à la Dépression. Ce n’est pas non plus ce qui est arrivé. Le chômage a certainement reculé, parce que des millions d’hommes ont été conscrits et envoyés au front. Mais la situation ne s’est pas améliorée pour l’Américain moyen. La plupart des produits de consommation de base étaient rationnés pendant la guerre. Il n’y a pratiquement pas eu de construction.

La Dépression a en fait pris fin après la guerre. C’est à ce moment que les dépenses du gouvernement ont chuté de façon draconienne. Le budget est passé de 92 milliards de dollars en 1945 à 29 milliards en 1948. Ça signifie une réduction de plus des deux tiers!

La prospérité d’après-guerre a débuté à ce moment-là. La société de consommation telle qu’on la connaît, où une famille moyenne a les moyens de se payer un frigidaire, une voiture, une maison, date de cette époque.

Encore une fois, si on suit la logique keynésienne, ce n’est pas comme ça que ça aurait dû se passer. En faisant toutes ces compressions budgétaires, le gouvernement a réduit la demande globale. L’économie aurait dû s’effondrer. Mais il faut voir les choses d’une autre perspective : le gouvernement a libéré des ressources qui sont devenues disponibles pour le secteur privé. C’est pour ça que l’économie a repris le chemin de la croissance.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on ne verra pas beaucoup de croissance.

Pour relancer l’économie, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif.

Cela signifie, en premier lieu, de contenir les dépenses. C’est ce que fait notre gouvernement, avec un plan clair pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2015. Dans le prochain budget, notre gouvernement annoncera des compressions de 5 à 10% dans les dépenses d’opération de l’État. Voilà une façon concrète de cesser de concurrencer le secteur privé.

Nous devons également réduire les impôts. Depuis le 1er janvier, l’impôt sur les sociétés au Canada est passé à 15% le plus bas niveau parmi les pays du G7. Il était à 22% quand nous sommes arrivés au pouvoir il y a six ans. Voilà une façon concrète de rendre les ressources disponibles pour le secteur privé.

Nous avons besoin de plus de libre-échange. Notre gouvernement a annoncé des accords de libre-échange avec 11 pays jusqu’à maintenant. Nous sommes toujours en train de négocier avec plusieurs autres. Nous espérons pouvoir annoncer bientôt une entente très importante avec l’Union européenne. Voilà une façon concrète d’élargir les marchés et les opportunités qui s’offrent au secteur privé.

Enfin, il nous faut moins de réglementation. La paperasse inutile est une taxe cachée sur le travail des entrepreneurs qui touchent surtout ceux qui sont le moins capables de la supporter : les petites entreprises. La paperasse inutile ralentit la croissance économique et la création d’emploi, diminue la productivité et a potentiellement pour effet d’écraser l’esprit d’entreprise des Canadiens.

Le 18 janvier dernier, j’ai dévoilé le rapport de la Commission sur la réduction de la paperasse. Il contient 90 recommandations à court terme pour se débarrasser des irritants réglementaires. Et 15 recommandations à long terme pour éviter que la paperasse se remettre à augmenter encore une fois. Voilà une façon concrète de libérer les énergies du secteur privé.

Il est impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques, plus de dettes, et plus de taxes et d’impôt. Ça, c’est la solution keynésienne. C’est ce que l’opposition à Ottawa n’arrête pas de demander. Leur seule solution pour n’importe quel problème, c’est plus de dépenses, plus de taxes, plus de stimulus artificiel et plus de dettes. Ils ne se rendent pas compte que trop de stimulus agit comme un sédatif économique plutôt que comme un stimulant. On ne peut pas retrouver le chemin de la prospérité simplement en dépensant toujours plus.

Les solutions keynésiennes ont échoué. Ce qu’il nous faut, c’est une approche conservatrice, qui met l’accent sur le rôle primordial du secteur privé pour créer de la richesse et soutenir la croissance économique.

La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise.

Merci.

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Une entrevue avec George Stroumboulopoulos http://www.maximebernier.com/2012/02/une-entrevue-avec-george-stoumboulopoulos/ http://www.maximebernier.com/2012/02/une-entrevue-avec-george-stoumboulopoulos/#comments Mon, 06 Feb 2012 00:26:22 +0000 maxime http://www.maximebernier.com/?p=2809 Jeudi dernier (le 2 février), j’ai été interviewé par George Stroumboulopoulos à son émission sur la chaîne CBC. J’ai donné d’autres entrevues en français sur les circonstances qui ont mené à ma démission comme ministre des Affaires étrangères en 2008, mais c’était la première fois que je le faisais pour un public canadien anglais. J’ai également parlé avec lui de ce qui m’a motivé à rester en politique: les idéaux de liberté et responsabilité individuelles.

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